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Inra

Les cépages résistants surprennent agréablement

Jeudi 23 avril 2015 par Michèle Trévoux La Vigne - Vitisphere

Inra : les cépages résistants surprennent agréablement

Il y avait du monde ce vendredi 17 avril à l’Inra de Pech Rouge. Les membres de la commission technique du CIVL et des chambres d’agriculture de la région ainsi que les journalistes sont venus nombreux. Tous étaient curieux de déguster la première récolte (2014) issus des cépages résistants plantés sur cette station expérimentale.

Quatre vins ont pu être dégustés. Tous étaient issus des sélections menés par Alain Bouquet depuis les années 1970.

Les deux premiers échantillons présentés étaient un blanc et un rouge. Alain Bouquet les avait retenus non seulement pour leur résistance au mildiou et à l’oïdium, mais également pour leur capacité à produire des faibles degrés (entre 10 et 11% vol.).

Le blanc, légèrement muscaté, et le rouge, léger en couleur, au profil fruité, ont agréablement surpris l’assistance. Tout comme les deux autres échantillons : deux vins rouges plus structurés, présentant un bel équilibre sur la rondeur et le fruit.

« D’un point de vue organoleptique, les obtentions d’Alain Bouquet sont le modèle à atteindre », a précisé Jean-Louis Escudier, ingénieur de recherche à l’Inra.

Pourtant ces variétés ne seront pas déployées par l’Inra pour être cultivées, car elles ne disposent que d’un seul gène de résistance au mildiou et à l’oïdium. L’Inra estime que le risque de contournement de cette résistance est trop élevé pour envisager leur diffusion à grande échelle.

Ces variétés continueront donc d’être suivies sur le site expérimental de Pech Rouge, afin de surveiller l’apparition d’éventuel contournement de résistance. A partir de quand la résistance de ces variétés pourra être considérée comme durable ? La question est sans réponse.

Sur ce même site seront plantés dès cette année, trois des nouvelles obtentions de l’Inra de Colmar –un blanc, deux rouges- dotées, elles, de plusieurs gènes de résistance. Ces trois variétés, dites Resdur, seront conduites en espalier et cordon libre (taille mécanique) pour tester l’impact de ces modes de conduite. Cette expérimentation vise à apprécier le comportement de ces cépages résistants et la qualité des produits obtenus en zone méditerranéenne.

Ce programme expérimental, engagé depuis 2012, s’étend 5 ha, divisé en 10 parcelles de 0,5ha. L’objectif est de suivre et d’évaluer, jusqu’au vin fini, ces nouveaux croisements ainsi que les variétés d’Alain Bouquet. Cette étude, prévue sur 8 ans (2012-2020) représente un budget de près de 100 000 €, subventionné à 40% par le CIVL et 30% par FranceAgriMer.

 

 

Crédit photo : Fiona Shields

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