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Commerce Extérieur

Le quai d'Orsay aux petits soins pour les vins de Bordeaux

Mardi 21 avril 2015 par Alexandre Abellan

Commerce Extérieur : le quai d'Orsay aux petits soins pour les vins de Bordeaux

Il y a deux ans, les relations entre le vignoble bordelais et la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur tenaient de l'incompréhension la plus totale et glaciale. Une véritable déveine alors que s'amorçait la procédure d'enquêtes chinoises anti-dumping et anti-subvention. Aujourd'hui, cette ère glaciaire paraît d'autant plus lointaine qu'en l'espace d'une semaine le ministère des Affaires Etrangères aura mis les vins de Bordeaux trois fois au cœur de son agenda. A l'occasion d'une réception organisée ce soir au quai d'Orsay, Laurent Fabius accueille en effet les grands crus de Médoc et Sauternes, pour les 160 ans de leur classement napoléonien (et la présentation de l'ouvrage 1855, les Grands Crus Classés de Bordeaux par Jean-Charles Chapuzet et Guy Charneau). Le ministre n'en aura pas fini avec les vins girondins pour sa semaine, étant attendu ce 24 avril à Bordeaux pour la signature d'un contrat de promotion de cette destination touristique et la visite du chantier de la Cité des Civilisations du Vin.

Et une semaine auparavant, il envoyait dans le vignoble girondin son secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur et de la Promotion du tourisme, Matthias Fekl. « Autant nous avions eu des rencontres catastrophiques avec Nicole Bricq » se souvient Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, « autant maintenant nous sentons quelqu'un qui comprend et écoute les attentes de la filière ». Ayant déjà fait bonne impression aux représentants du vignoble lors du dernier salon de l'Agriculture, Matthias Fekl a transformé l'essai ce 17 avril, visitant la maison des vins de Graves (Podensac), l'usine d'embouteillage des Grands Chais de France (Landiras) et le château Lafaurie-Peyraguey (Bommes).

L'occasion de sensibiliser Matthias Fekl au besoin de soutien des vins à l'export explique Bernard Farges : « la France doit porter un message au niveau européen pour que les accords bilatéraux rétablissent notre compétitivité. En Chine les vins chiliens sont à 0 taxe depuis le premier janvier 2015, pour les vins australiens ce sera dès 2019... » Sans oublier la nécessité « d'un vrai discours cohérent de l'Etat, à l'intérieur comme à l'extérieur. Il est difficile d'exporter un produit quand il est martyrisé en France... » En fin diplomate, pas sûr que Laurent Fabius prenne une position tranchée sur la clarification de la loi Evin réclamée par la filière à l'heure de loi Santé.

L'an dernier, 2,1 millions d'hectolitres de vins de Bordeaux ont été exportés pour un chiffre d'affaires de 1,8 milliards d'euros (respectivement -9 et -17 % par rapport à 2013).

 

 

[Photo : Matthias Fekl en visite dans les locaux des installations de Grands Chais de France ce 17 avril (en discussion avec Joseph Helfrich, président fondateur de GCF) ; Préfecture de Gironde]

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