LE FIL

5 ans après

L'identité des Côtes de Bordeaux prend de la bouteille

Vendredi 17 avril 2015 par Alexandre Abellan

5 ans après : l'identité des Côtes de Bordeaux prend de la bouteille

Ayant concrétisé l'appellation transversale Côtes de Bordeaux en 2009, les quatre syndicats viticoles communaux de Blaye, Cadillac, Castillon et Francs semblent d'autant plus convaincus de la pertinence de leur mouvement de mutualisation qu'il porte bien ses fruits commerciaux. « Il n'y a quasiment plus de repli au négoce : les volumes déclarés sont bien commercialisés par les domaines, ce qui démontre qu'il y a un marché bien identifié » résume Stéphane Héraud, le président de l'Union des Côtes de Bordeaux. Cerise sur ce gâteau anniversaire, le poids des exportations dans les sorties de chai a bondi de 11 à 22 % (porté par les marchés allemands, asiatiques et américains). L'export a donc doublé en Côtes, et l'objectif est de doubler de nouveau pour atteindre 40 %, et se hisser à la moyenne de l'ensemble du vignoble bordelais (précisément 42 % en 2014).

Pour atteindre cet objectif, les côtes de Bordeaux misent sur le soutien de la place de Bordeaux. Réunis ce 16 avril à l'espace Darwin (rive droite de Bordeaux, comme l'ensemble des Côtes), les vignerons des côtes faisaient un appel de pied aux négociants avec un dress code on ne peut plus smart casual (chemise blanche et jean). « On a besoin que le négoce s'approprie ces AOC, la création de marques fortes est l'une des raisons de notre union. Il faut maintenant leur faire comprendre que le porte-feuille doit être complété par des Côtes de Bordeaux » annonce Stéphane Héraud. Un chemin tracé par la nouvelle identité adoptée par l'Organisme de Défense et de Gestion, et présentée ce 16 avril en assemblée générale.

Adieu les coteaux perchés dans les nuages et le slogan « toujours plus haut », désormais les Côtes de Bordeaux s'approprient la bouteille bordelaise (en écho à la campagne du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux) et jouent sur les mots avec l'accroche « côtes et cœur » (dont les traductions ne sont pas encore arrêtées). Face aux demandes de clarification de l'identité des Côtes de Bordeaux, « nous avons identifié des mots clés pour présenter l'ADN de nos vins : leur géographie (coteaux, patrimoine...), leurs qualités (diversité, plaisir...), leurs aspirations (découverte, modernité...)... » énumère Patricia Zabalza (directrice de l'Union des Côtes de Bordeaux).

Avec ces outils, les côtes de Bordeaux se veulent en ordre de marche pour les prochaines années. Un esprit conquérant qui attire le syndicat des Côtes de Bordeaux Sainte-Foy, dont l'entrée au sein de l'Union des Côtes de Bordeaux serait difficilement réalisable pour le millésime 2015, mais achevée en 2016 (cliquer ici pour en savoir plus). Si la famille des Bordeaux accueillera à un terme un cinquième membre, les paris sont ouverts sur une possible sixième pièce rapportée.

Les Côtes de Bordeaux Saint-Macaire tiendraient la corde, cette AOC de vins blancs étudiant une ouverture aux rouges, ce que son intégration dans les Côtes de Bordeaux rendrait possible. Quant à l'entrée des Côtes de Bourg au sein des Côtes de Bordeaux, cela relève toujours de la douce utopie. « Les relations entre Blaye et Bourg ont toujours été compliquées, sans être mauvaises » s'amuse Franck Jullion (le président du syndicat viticole de Blaye Côtes de Bordeaux), « l'histoire dira ce qu'i adviendra. Pour l'instant Bourg suit sa route et nous la nôtre ».

Avec 1 000 vignerons pour moins de 12 000 hectares de vigne, l'Union des Côtes de Bordeaux représente aujourd'hui 10 % des vins produits en Gironde. 38 % de ses ventes sont réalisées en vrac (contre 53 % il y a cinq ans), pour un cours ayant atteint 1 400 euros le tonneau la dernière campagne (contre 980 €/tonneau il y a cinq ans).

 

 

 

 

 

[Photo : de gauche à droite Franck Richard (président du syndicat viticole des Franc Côtes de Bordeaux), Patricia Zabalza, Stéphane Héraud, Franck Jullion, Françoise Lannoye (président du syndicat viticole de Castillon Côtes de Bordeaux) et Laurent Gapenne (président de syndicat viticole de Cadillac Côtes de Bordeaux) ce 16 avril à l'espace Darwin]

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