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Phytos

En attendant son délibéré, Marie-Lys Bibeyran fait avancer la cause des salariés viticoles

Jeudi 16 avril 2015 par Alexandre Abellan

Phytos : en attendant son délibéré, Marie-Lys Bibeyran fait avancer la cause des salariés viticoles

Dans le registre de l'ascenseur émotionnel, rien n'aura été épargné à Marie-Lys Bibeyran ce 16 avril. Combattant pour la reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de son frère Denis Bibeyran (ouvrier viticole en charge d'épandages phytosanitaires dans le Médoc, décédé à 46 ans d'un cholangiocarcinome), elle attendait ce matin avec impatience le délibéré en appel du Tribunal des Affaires Sociales de Bordeaux. Au terme d'un jeu de piste entre le parquet et le greffe, il s'est avéré que la décision n'était pas accessible, étant apparemment en mise à disposition au greffe. Défendant la partie adverse (la caisse girondine de la Mutualité Sociale Agricole), maître Françoise Pillet n'est quant à elle pas étonnée outre mesure par ce délai, attendant une transmission dans la journée.

Pour Marie-Lys Bibeyran ce report a un goût on ne peut plus amer. Salariée viticole sur Listrac-Médoc, elle n'en reste pas moins combative. Ce 9 avril elle rencontrait ainsi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, sur l'entremise du Petit Journal*. L'occasion pour elle de lui présenter deux revendications : « porter le délai de réentrée dans les vignes à 48 heures minimum après les traitements (il est aujourd'hui de 6 h, 12 h, 24 h... avec un maximum de 48 h) et rendre obligatoire la remise aux salariés viticoles de la liste des pesticides utilisés durant la campagne (actuellement l'affichage de la liste est obligatoire, mais les salariés n'en gardent pas de traces ».

Si l'écoute du ministre ne débouche pour l'instant que sur des pistes de travail évoquées, Marie-Lys Bibeyran milite également auprès des riverains de vignes girondines pour que les vignerons leur communiquent leurs dates de traitement.

 

 

* : qui n'avait pu faire réagir le ministre à une question de Marie-Lys Bibeyran lors de sa venue sur le plateau de Canal+ fin février 2015.

 

 

[Photo : Marie-Lys Bibeyran ce 16 dans les couloirs de la Cour d'Appel de Bordeaux]

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écoresposable Le 19 avril 2015 à 20:06:23
Pour une Phytopharmacovigilence du Médiator au Lasso/Monsanto « Dans ces affaires comme dans d’autres passées et malheureusement à venir, ce n’est pas l’excès de principe de précaution qui est en cause mais le manque de Principe de Précaution ; » « Pour reprendre une expression revenue à plusieurs reprises dans les témoignages recueillis par la mission, elle a ‘anesthésié’ ces acteurs de la chaîne du médicament et même, selon deux anciens présidents de commission d’AMM, elle les a ‘roulés dans la farine’ « La chaine du Médicament fonctionne aujourd'hui de manière à ce que le doute bénéficie non aux patients et à la santé publique mais aux Firmes. Dr. Jean-Paul Hamon,Président de la Fédération des Médecins de France,Auteur du livre "La fin de notre système de santé",Notre pays dépense 12 Milliards de + que les Allemands ou Italiens.Il met en cause les industriels du médicament et les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy (H1N1-Servier...) à François Hollande(qui fait de la pub pour le Gardasil - laboratoire Merck & Co., condamné en Espagne et Etats-Unis plusieurs fois...),bien laxistes et en copinage avec les laboratoires, on voit bien l'influence en France du lobby des laboratoires et les conflits d'intérêts de nos politiques (par rapport au pays nordiques)et met en cause aussi l'autorisation des AMM avec des conflits d'intérêts que l'on a pu aussi évalué lorsque Jérôme Cahuzac a travaillé de 1988 à 1991 au cabinet de Claude Évin,et qu'il y entretenait d'étroites relations avec les laboratoires (qui lui ont virés de l'argent vers la Suisse via Singapour et Là s'arrête l'enquête !!!!!) .Parceque le cancer c'est rentable = plus 80 Milliards d'euros en 2017(Arrêtez de nous enfumer : Enquête sur une hypocrisie française, de Denis Boulard).
montaz Le 17 avril 2015 à 21:05:43
De lobbying agressif, on peut en reparler. Enfin soyons sérieux: Qui fait voter les lois à la gloire de l'agrochimie en France? Qui se plaît à saccager des préfectures? qui est dans le déni total face aux problèmes de santé publique? Qui ne veut pas voir que ces pesticides dénaturent aussi, quoiqu'on ne dise, la qualité de nos vins? Tout le monde n'a pas aujourd'hui la volonté ou la capacité technique à passer en Bio, c'est un fait. Car contrairement à ce que certains syndicats et firmes véhicules, techniquement, on sait faire aujourd'hui. Seulement il faut un peu de réflexion et de vrai travail de vigneron pour y arriver. Qui est ringard aujourd'hui? Celui qui sait se passer de chimie grâce à son savoir faire, ou celui qui n'est pas capable de prendre ses décisions seul, en vrai chef d'entreprise? Arrêtons de tourner autour du pot!!!
Robert G. Le 17 avril 2015 à 10:14:21
très bien pour les ouvriers viticoles que les durées de réentrée augmentent, mais le lobbying écoloagressif auprès des néoruraux ne va pas dans le sens d'une meilleure compréhension entre utilisateurs d'un territoire. etça va encore moins dans le sens de la campagne: vous voulez une jachère viticole dans une gironde aseptisé de tout risque? la viticulture est une activité nécessitant des pesticides, moins nous sommes d'accord, mais pas plus du tout: il faut savoir raison garder
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