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Plantation

Le vignoble du Languedoc-Roussillon se remet à l'heure de l'expansion

Mardi 14 avril 2015 par Alexandre Abellan

Plantation : le vignoble du Languedoc-Roussillon se remet à l'heure de l'expansion

Réuni ce 10 avril, le conseil de bassin du Languedoc-Roussillon a demandé d'une seule voix l'achat à la réserve des droits de plantation de 500 hectares de vigne à Appellation d'Origine Protégée et de 2 500 hectares dédiés aux vins à Indication Géographique Protégée. Par rapport aux précédentes campagnes, le contingent en IGP est triplé et celui d'AOP doublé. Effectuée dans le cadre du régime transitoire entre les droits et autorisations de plantation, cette forte demande est à relativiser pour Jérôme Despey, le président du Conseil Spécialisé de FranceAgriMer.

« Ce système est unique, on ne le retrouvera pas. Il y a un effet d'opportunisme pour bénéficier des primes à la restructuration » estime Jérôme Despey, ajoutant que « ces droits sont issus de l'arrachage, on ne peut pas les comparer avec des droits nouveaux. Cet argument a bien été entendu par la Commission Européenne, qui a confirmé l'éligibilité au plan collectif des autorisations de plantation issues de la conversion de ces droits. » Négociant languedocien (et ancien président de l'Association Nationale Interprofessionnelle des Vins de France), Bruno Kessler ne peut que se satisfaire de cette « prise de conscience », soulignant que « le déséquilibre de l'offre fait la hausse des prix, dont on devrait se féliciter si la hausse de la consommation était à son origine. » La croissance des surfaces plantées va en effet de paire avec la hausse des cours du vrac sur la campagne 2013-2014, avec « des niveaux de prix record depuis 10 ans » rapporte la préfecture (prix moyen en hausse de 8 % pour les AOP et de 16 % pour les IGP).

En l'absence de données de marchés, Bruno Kessler reste quant à lui prudent : « tout le monde est curieux de voir comment va se finir cette campagne ». Il n'en regrette pas moins que le vignoble languedocien attende le premier janvier 2016 pour se pencher sur le pilotage des vignes dédiées aux Vins Sans Indication Géographique (position également adoptée par le bassin de la Vallée du Rhône et de Provence, celui de Charente a au contraire sollicité 400 hectares de VSIG). « Aucune demande de VSIG n'a été formalisée » précise Jérôme Despey, qui souligne l'aspect « one shot » de ces demandes pour 2015. Il se montrerait même « plutôt inquiet sur l'avenir du potentiel viticole languedocien », craignant « une diminution plus qu'un accroissement, alors que le marché reprend des couleurs et que l'on pourrait avoir des opérateurs tentés d'aller s'approvisionner ailleurs ».

 

Cliquer ici pour accéder aux chiffres clés du potentiel de production languedocien.

 

 

[Photo : les Pépiniéristes Producteurs du Comtat]

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