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Maladies du bois

La vigne de Pasteur reçoit 25 000 euros

Vendredi 10 avril 2015 par Christelle Stef - La Vigne Vitisphere

Maladies du bois : La vigne de Pasteur reçoit 25 000 euros

La vigne de Pasteur, située près d’Arbois (Jura), va être entièrement dédiée à l’étude des maladies du bois. Pour financer le programme, l’académie des sciences, propriétaire de la parcelle, et la société Henri Maire, ont organisé, mercredi 8 avril, une vente aux enchères d'environ 150 bouteilles provenant de cette vigne historique. Ces bouteilles, numérotées et signées de différentes personnalités comme Bernard Pivot, Mélanie Doutey ou Stéphane Bern, ont permis de récolter 25 000 euros. C’est la famille Boisset qui a été le contributeur majoritaire, avec 10 000 euros.

Les partenaires ont également lancé une opération de crowdfunding. Les donateurs pourront ainsi adopter un pied de vigne de la parcelle, assister aux vendanges et obtenir des bouteilles de vin. Avec cette opération, les organisateurs espèrent ainsi récolter environ 300 000 euros.

« L’objectif est de rendre au Clos des Rosières sa vocation initiale, à savoir sa vocation scientifique », a expliqué, mercredi 8 avril, Catherine Bréchignac, la secrétaire perpétuelle de l’Académie des sciences. C'est en effet dans ce clos (47 ares et comprend environ 2 500 pieds de vigne) que Pasteur a effectué ses travaux sur la vigne et le vin. Aujourd'hui, il appartient à l'Académie des sciences qui y met en place un programme de recherche ambitieux sur les maladies du bois, avec la société Henri Maire, qui entretient la parcelle et vinifie la vendange.

« Depuis l’interdiction de l’arsénite de soude en 2001, les symptômes des maladies du bois augmentent de l’ordre de 4 à 5 % par an. À cause d’elles, 15 % du vignoble français serait improductif avec un impact économique de plus d’un milliard d’euros par an », a insisté Christophe Bertsch, chercheur à l’université de Haute-Alsace, et membre du groupe de scientifiques en charge des recherches.

Dans un premier temps, les scientifiques ont réalisé un inventaire ampélographique et sanitaire de la parcelle du Clos des Rosières. Leur relevé montre qu’en 2013, 17 % des ceps étaient morts et 4,3 % de ceux encore vivants exprimaient des symptômes foliaires. Ils vont ensuite réaliser un inventaire de tous les pathogènes présents.

Dans un second temps, les chercheurs vont arracher la parcelle puis la replanter avec des cépages jurassiens et d’ailleurs afin d’étudier l’étiologie des maladies du bois. L’objectif : voir comment évoluent la microflore qui colonise les bois ainsi que les symptômes dès la plantation et pendant une période d’au moins dix ans.

Le travail de relevé ampélographique a amené une surprise. Au côté de quatre cépages principaux (chardonnay, poulsard, trousseau, savagnin) et de trois secondaires (pinot, aligoté et melon), Thierry Lacombe, chercheur à l'Inra de Montpellier-Supagro fait une découverte : un pied inconnu. Après analyse génétique, il s’avère qu’il n’est pas répertorié dans le catalogue européen des variétés. Il s’agit donc d’un nouveau cépage. Il a été nommé Plant Pasteur. « C’est une nouvelle source génétique », a indiqué Christophe Bertsch, de l’université de Haute-Alsace. Ce plant va être multiplié et sauvegardé au Grau du roi.

 

Crédit photo : Christelle Steff

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