LE FIL

Dans la nébuleuse des éco-labels

Une enquête pointe du doigt l'ignorance des consommateurs

Mercredi 08 avril 2015 par Marion Bazireau La Vigne Vitisphere

Dans la nébuleuse des éco-labels : une enquête pointe du doigt l'ignorance des consommateurs

Dans le cadre du projet Qualenvic, financé par le Casdar, l’ESA d’Angers s’est penchée sur la perception de l’affichage environnemental par les consommateurs. Frédérique Jourjon, directrice de la recherche, a présenté les résultats lors du WinEsa, organisé à Angers le 3 avril dernier. Ses résultats s’appuient sur un volet qualitatif, avec deux focus-groupe l’un à Lille et l’autre à Angers, et une étude quantitative, 3700 consommateurs de toute la France ayant été consultés entre 2012 et 2015.

Lors de son intervention Frédérique Jourjon a rappelé qu’en Europe, 72% des consommateurs aimeraient que l’étiquetage carbone soit obligatoire sur les produits alimentaires (étude Ethicity, 2013). Mais, l’enquête que la chercheur a réalisée auprès des deux groupes de 8 à 12 consommateurs à Lille et à Angers montre que ces derniers sont plus attentifs à l’AOC, à la présence de médaille ou encore au prix d’un vin qu’à son mode de production.

L’enquête montre également qu’ils ne connaissent qu’un seul écolabel. Lorsque Frédrique Jourjon a demandé aux deux groupes de d’en citer spontanément un, 45% des personnes présentes n’ont cité que le label AB et 45% n’ont pas su répondre. Quand elle leur a présenté deux bouteilles, une labellisée AB et l’autre pas, près de la moitié des participants n’ont pas su dire quel est le produit le plus respectueux de l’environnement.

En revanche, la seconde étude, à laquelle 3700 consommateurs ont répondu, met en évidence l’association faite entre « local » et « respect de l’environnement ». L’image environnementale des vins AOC est meilleure que celle des vins IGP et sans IG. Le consommateur accorde plus de confiance à l’AOC car le produit est plus « contrôlé ».

Toujours selon cette deuxième enquête, l’Alsace et le Val de Loire sont perçues comme les régions viticoles les plus respectueuses de l’environnement. Bordeaux et la Champagne arrivent dernières, surprenant lorsque l’on sait que ces deux régions se sont organisées collectivement en faveur de l’environnement. Au sein d’une même région, la notoriété des appellations influence la perception des consommateurs. Ainsi, ils pensent que les vins de Saint-Emilion sont plus respectueux de l’environnement que les bordeaux génériques.

Peu sensibles aux messages environnementaux, les Français souhaitent en revanche davantage d’informations sur les conditions de production et sur l’impact des produits sur la « santé » du produit.

 

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