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Avant-goût des vins en cours d'élevage, du ressenti des prescripteurs et des attentes de la place...
Bordeaux en primeurs 2014 : un millésime sûr de sa qualité, en suspens sur ses prix

Par Alexandre Abellan Le 27 mars 2015
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Bordeaux en primeurs 2014 : un millésime sûr de sa qualité, en suspens sur ses prix
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aisant l'ouverture officielle* de la semaine des primeurs de Bordeaux, la dégustation de l'AOC Listrac Médoc donne aujourd'hui un avant-goût des vins en cours d'élevage, ainsi qu'un aperçu du ressenti des prescripteurs et des attentes de la place de Bordeaux. Après un millésime 2013 délicat (pour ne pas dire rejeté), les auspices semblent favorables en avant-primeur. Indicateur qui ne trompe pas, les premiers dégustateurs parlent un verre à la main de plaisir. Les commentaires relèvent l'équilibre des assemblages : la suavité du merlot, la maturité des cabernets, le soyeux du petit verdot... Au vignoble, 2014 n'aura en effet pas été moins éprouvant pour les nerfs que le délicat millésime 2013 (si les rendements sont meilleurs, les vignerons vous diront qu'ils ne sont pas pour autant à bloc). Mais par la grâce d'une arrière-saison estivale, le millésime 2014 fait office de miraculé et a déjà bonne presse. « La température est plutôt bonne » confirme Sophie Solnicki-Thierry (directrice commerciale du château Fourcas Hosten), « il y a de l'affluence et on sent que le millésime suscite de l'intérêt. Certes nous avons eu beaucoup d'inquiétudes pendant l'été, mais les conditions de vendanges ont été idéales.» 

Si la question de la qualité du millésime est au cœur de la semaine des primeurs, le nerf de la guerre reste bien le prix. Se posant chaque nouveau printemps, la question reste toujours en suspens pendant les primeurs. Pour le millésime 2014, la mise sous pression est d'autant plus forte que les demandes d'un retour à des prix raisonnables s'appuient sur de précédentes campagnes décevantes. « En refusant de descendre sur les millésimes moins bons, Bordeaux se prive des marges de manœuvre pour remonter sur ceux qui se révèlent meilleurs » tranche ainsi Max Lalondrelle (Berry Bros.&Rudd) dans un interview à Vitisphere. Ce constat tient de l'histoire ancienne pour Fabrice Bernard (directeur général délégué de Millésima) : « les propriétés ont bien conscience que ces trois derniers millésimes le rapport qualité/prix n'était pas au niveau attendu. On va vers une mise en adéquation des prix avec le marché. »

Face aux attentes des marchés et de la place de Bordeaux, les châteaux bordelais semblent à l'écoute. Mais rien n'est tranché tant que la dynamique des primeurs n'est pas lancée. Ne se classant pas dans le marché des vins spéculatifs (se revendiquant plutôt des vins de consommation), le président du syndicat viticole de Listrac Médoc, Patrice Pagès (château Fourcas Dupré) renvoie chaque opérateur à ses responsabilités : « chacun doit connaître ses marchés, ses réseaux de distribution, ses stocks auprès de ses partenaires... Et chacun doit alors apporter sa réponse de prix. Mais à la faveur de taux de changes avantageux, saisissons la chance de redonner envie à de grands marchés export.Ceci étant dit, cela n'oblige ni à des hausses faramineuses, ni à des baisses... »

 

Pour voir le programme détaillé de cette semaine des primeurs, cliquer ici.

 

 

* : Même si de nombreux critiques ont déjà pris de l'avance, dégustant en primeur ces primeurs de nouveau sans l'ombre tutélaire de Robert Parker.

 

 

[Photo : Aperçu de la dégustation en primeurs des vins de Listrac-Médoc au restaurant le Chapon Fin ce 27 mars à Bordeaux]

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