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Roussillon : vieux millésimes, "nouvelle" carte à jouer des vins doux naturels

Par Frédérique Ehrhard (La Vigne - Vitisphere) Le 20 mars 2015
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Roussillon : vieux millésimes,
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n vendant quelques bouteilles d’un rivesaltes datant de 1875 à 10 000 € le col dans une boutique de Dubaï, le négociant Gérard Bertrand a créé le buzz sur les vieux millésimesde vins doux naturels. De son côté, l’interprofession souhaite les mettre en avant pour accompagner la montée en gamme des vins du Roussillon. « A la fin de la campagne 2013-2014, nous avons demandé aux producteurs de renseigner le millésime dans leur déclaration aux douanes pour chaque cuvée de vin doux naturel en stock, précise Clarisse Martin, responsable économie au Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon (CIVR). C’est facultatif. Une moitié d’entre eux l’a fait. Nous allons continuer à les sensibiliser durant cette campagne à la valeur que peuvent avoir ces vieux millésimes. »

Evaluer le prix que méritent ces bouteilles exceptionnelles n’est pas évident. « En 2015, nous allons mener une étude sur les prix déja pratiqués, et chercher comment positionner ces vieux millésimes pour les valoriser au mieux », affirme Clarisse Martin. Le CIVR devrait ensuite mettre en place une communication collective. Les millésimes déjà recensés remontent jusqu’à 1880, pour des quantités qui vont en s’amenuisant avec l’âge. Une partie de ces stocks dort, l’autre commence à être mise en valeur auprès d’amateurs de vins rares. La coopérative Dom Brial propose ainsi un rivesaltes de 1959 à 100 € le col et un de 1969 à 80 € le col. La maison Cazes a une collection de millésimes entre 1931 et 1963, dont les prix varient de 70 à 218 € la bouteille. Sur le site Les caves du Roussillon, qui commercialise des vins d’une vingtaine de domaines, les prix vont de 100 à 200 € pour des cuvées des années 80 jusqu’à plus de 1000 € pour celles des années 20.

Tout ce qui est vieux n’est pas bon pour autant. Pour ne pas décevoir des consommateurs prêts à mettre de tels prix, il faut être très exigeant sur la sélection. Mais quand la cuvée était belle au départ et que la conservation l’a encore bonifiée, l’expérience gustative est forte ! « Nous avons déjà organisé plusieurs dégustations pour des sommeliers ou des journalistes qui ont soulevé l’enthousiasme », note Clarisse Martin.

 

 

[Photo : Dégustation de vieux millésimes organisée pour les professionnels lors des Rencontres du muscat, à Perpignan. Copyright CIVR

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