LE FIL

Sado-merlot

Un vin de Saint-Valentin tout en nuances (50 pour être précis)

Vendredi 13 février 2015 par Alexandre Abellan

Sado-merlot : un vin de Saint-Valentin tout en nuances (50 pour être précis)

Passionnelle parade amoureuse pour les uns, banalité bassement commerciale pour les autres, la Saint-Valentin reste un temps fort incontournable pour les magasins de proximité : chocolatiers, fleuristes, bijoutiers... Et cavistes. En témoigne Jean-Marie Kilzer (franchisé Cavavin à Guebwiller), qui, dans une vidéo « exclusivement dédiée aux femmes »rappelle que « le vin est aussi synonyme de plaisirs, voire même de jeux érotiques ». Somme toute, « il n'y a pas que les menottes et les fouets » précise-t-il, pince-sans-rire. Vaste campagne promotionnelle oblige, cette Saint-Valentin est indéniablement placée sous le signe des 50 nuances de Grey (adaptation cinématographique de la série de romans érotico-romantiques de l'auteur américaine E.L James). Si la bande-annonce l'a laissé sur sa faim, Jean-Marie Kilzer n'est pas tant allé à la séance de 20h30 du cinéma le Florival pour juger de la pertinence d'une interdiction aux spectateurs de moins de 12 ans (contre 17 ans aux Etats-Unis), que pour faire déguster aux spectateurs les cuvées ''50 shades of merlot'' et ''50 shades of cabernet-sauvignon'' qu'il commercialise .

« Tout s'emballe avec la sortie du film » témoigne la vigneronne Alexia Eymas (château Maison Neuve, AOC Blaye), qui reçoit des commandes du Liban comme d'Asie. Elle se rappelle avoir eu l'idée de la cuvée "Fifty shades..." fin 2012, faisant alors la synthèse entre le succès en librairie d'alors (les Cinquante nuances de Grey) et une parcelle de merlot atypique en 2012 (ramassée à surmaturité et présentant des « nuances tout le long de l'élevage, soyeuses, fruitées... »). En 2013, cette parcelle de merlot n'a pas été à la hauteur, mais celle de cabernet-sauvignon a pris le relai. Ce qui lui permet « de surfer sur la vague » avec deux vins de cépage, « sans perdre de vue le travail effectué pour que le cépage soit pur, et pas maquillé par le bois. Il y a du vin dedans, je suis à l'aise avec ce produit : il n'y a pas que du marketing. L'intérêt naît par le nom, c'est indéniable, mais il faut que la qualité soit à la hauteur ».

A noter que fin 2013, E.L James a lancé une gamme de vins californiens baptisée ''Fifty shades of grey''. Sa cuvée rouge (forcément satinée) a été dernièrement mise en avant par la Société des Alcools du Québec, le monopole d'état n'ayant pas oublié qu'en 2014, le vin le plus vendu au Québec était la cuvée californienne ''Ménage à Trois'', une ode à tous les assemblages.

 

 

[Photo : Château Maison Neuve]

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