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Aude

La mortalité des souches, nouvelle conséquence de la grêle de juillet 2014

Mercredi 04 février 2015 par Juliette Cassagnes

Aude : la mortalité des souches, nouvelle conséquence de la grêle de juillet 2014

Sur le terrain, les dégâts « secondaires » causés par le terrible orage de grêle qui s’est abattu au mois de juillet 2014 dans l’Aude sont dorénavant perceptibles. C’est en effet actuellement la « pleine période de taille » dans la région, et les viticulteurs peuvent constater facilement l’état des bois : « Même si nous n’avons encore aucun bilan chiffré de la situation, il y a une surmortalité certaine des bois due à la grêle, témoigne Emmanuel Rouchaud, chef de service viticulture à la chambre d’agriculture de l’Aude. Les souches grêlées ont soit péri en partie, soit en intégralité et devront être complantées ». « Les dégâts sont si importants que les bois de taille sont secs, voire des souches entières sont mortes », confirme Gabriel Ruetsch, responsable des vignobles Foncalieu.

 

A l’origine de cette mortalité, la défoliation partielle ou entière des vignes provoquée par l’orage de grêle, qui a elle-même entraîné un problème d’ordre physiologique chez la plante : « La vigne a dû puiser dans ses réserves, racines et tronc, pour assurer la pousse de ses nouvelles jeunes feuilles, jusqu’à, pour certaines, épuisement », explique Emmanuel Rouchaud.

 

La grêle, tombée en juillet, « au pire moment, lors de l’initiation florale » aura très probablement comme autre conséquence une baisse de fertilité de la vigne. Celle-ci se traduira par un faible nombre de bourgeons au printemps prochain…donc de fruits à l’été : « De précédentes observations ont montré qu’une perte totale de surface foliaire provoquait environ 40% de fruits en moins ; on peut donc s’attendre à un impact conséquent sur le potentiel de récolte ».

 

Pour tenter de sauver les pieds grêlés encore vivants et la récolte de l’année prochaine, les viticulteurs n’ont d’autre choix que d’adapter leur taille, en faisant du « cas par cas ». « Pour les vignes les plus touchées, il faut reformer l’architecture, les bras et donc tailler très court. Pour celles ayant seulement des rameaux morts, il faut laisser des baguettes plus longues, afin d’essayer d’obtenir plus d’yeux fertiles, donc plus de production pour 2015 », explique Emmanuel Rouchaud. Cette taille devrait donc coûter beaucoup plus cher cette année, car nécessitant un surcroît de travail conséquent.

 

A la coopérative de Foncalieu, Gabriel Ruestch a pris le pari de continuer de tailler mécaniquement la centaine d'hectares de vignes grêlées à Puichéric, mais à une hauteur de coupe supérieure à d’habitude. L’objectif : augmenter le nombre de bourgeons à l’hectare. « Je pars de l’hypothèse que la taille mécanique va nous permettre d’avoir plus de rendement à l’hectare qu’une taille manuelle, justifie celui-ci. Mais nous pourrons mesurer les résultats qu’au fur et à mesure de l’année ».

 

La grêle qui s’est abattue dans l’Aude en juillet dernier a touché près de 15.000 ha de vignes. « Toutes les appellations du département ont été affectées, mais le Minervois et le Malepère sont celles qui ont connu le plus de pertes », indique Emmanuel Rouchaud.

Crédit photo: G Ruestch, Foncalieu

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