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Représentativité

La question de la légitimité du président des Bordeaux refait surface

Lundi 02 février 2015 par Alexandre Abellan

Représentativité : la question de la légitimité du président des Bordeaux refait surface

Avec le retour d'une procédure visant à invalider les accords interprofessionnels des vins de Bordeaux, repartent les accusations d'illégitimité du vignoble par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (la FGVB, qui représente le collège de la production au sein du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux). Tenace et lancinante, une rumeur vise en particulier le président de la FGVB, Laurent Gapenne : il ne serait plus vigneron, mais exclusivement négociant. Ne cachant pas sa lassitude face à ces attaques (« je préférerais les traiter par l'ignorance... Mieux vaudrait ne pas en parler, ni écrire d'articles »), Laurent Gapenne explique sans détour qu'il ne possède plus son exploitation (le château de Laville, AOC Cadillac), mais en est le mandataire : « il ne faut pas forcément être propriétaire de vignoble pour siéger à l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG). Le conseil d'administration des Cadillac Côtes de Bordeaux l'a confirmé et j'ai bien été réélu. »

Porte-étendard des vignerons réfractaires de Bordeaux, Dominique Techer (château Gombaude-Guillot à Pomerol) estime que « s'il n'y a pas de problème de légalité, il y en a un de légitimité ». Un argument que rejette Laurent Gapenne : « que je sache le représentant du négoce a aussi des propriétés... Ca ne fait que renforcer notre légitimité, pour mieux mettre de l'huile dans les rouages du CIVB [Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux]. » Et d'ajouter, espérant clore le débat, que « cela fait 8 ans que je suis président et cela fait 8 ans que les mêmes font perdre du temps à tous (et aux vignerons de l'argent). Qu'ils se présentent aux votes dans leurs ODG, qu'ils fassent campagne comme nous et qu'ils travaillent comme nous !»

Malicieux, Dominique Techer souligne quant à lui que la loi n°48-1283 d'août 1948 précisait qu'« aucune personne exerçant la profession de négociant, commissionnaire ou courtier en vins, ou une profession connexe, ne pourra représenter les groupements de producteurs » au CIVB. Une obligation qui n'était pas reprise dans le décret n°66-866, qui a réorganisé le CIVB en novembre 1966. Directeur adjoint de la maison de négoce Bonnet-Gapenne (Bordeaux), Laurent Gappenne préside la FGVB depuis 2008, il siège également au Conseil Spécialisé de FranceAgriMer depuis 2011.

 

 

[Photo : Laurent Gapenne lors de l'assemblée générale du CIVB le 15 juillet 2013 (Alexandre Abellan/Vitisphere)]

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