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Conférence de Millésime Bio

Hors du pyrévert, point de lutte bio contre la flavescence dorée ?

Mercredi 28 janvier 2015 par Alexandre Abellan

Conférence de Millésime Bio : hors du pyrévert, point de lutte bio contre la flavescence dorée ?

Seul produit aujourd'hui homologué dans la lutte biologique contre la cicadelle dorée (Scaphoideus titanus), le Pyrévert a la même efficacité que les insecticides autorisés en viticulture conventionnelle, estime Josquin Lernould (chambre d'agriculture de l'Hérault). Du moins si les réglages du matériel de pulvérisation sont correctement réalisés. Au cours d'une conférence organisée durant Millésime Bio sur la flavescence dorée, l'expert précisait que « l'action de choc du Pyrévert sur les cicadelles entraîne une forte diminution des populations. Mais le pyrèthre naturel, qui est classé ''neutre à faiblement toxique'' sur les phytoseidae, est rapidement dégradé et son impact est peu durable ».

Il soulignait, par ailleurs, qu'aucune des pratiques alternatives ne bénéficiaient d'autorisations de mise en marché pour la lutte contre la maladie de quarantaine qu'est la flavescence dorée. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé des argiles calcinées, des huiles blanches, du purin de fougère, du soufre mouillable... A chaque fois les résultats sont aléatoires, surtout quand les expérimentations sont transposées à grande échelle. Face aux mauvais résultats de traitements larvicides combinés à d'infradoses de saccharose sur les feuilles de vigne (100 grammes/hectares), Marc Chovelon (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique) estime cependant « qu'il y a toujours quelque chose à essayer, avec l'idée de modifier les équilibres pour que la cicadelle ne reconnaisse pas la vigne ».

Actuellement, les trois piliers de la lutte collective contre la flavescence dorée sont « l'implantation de ceps indemnes (ce qui passe par le traitement des bois à l'eau chaude), l'assainissement du vignoble (par la prospection) et la maîtrise des populations de vecteurs (par insecticide) » récite Josquin Lernould. Une trinité qui pourrait être complétée par de la lutte comportementale, selon la présentation de Julien Chuche (INRA de Bordeaux), qui rappelait une possible confusion sexuelle (recherches italiennes sur les ondes vibratoires) ou un changement du site privilégié de piqûre (passant préférentiellement du phloème au xylème). Ces approches innovantes en sont encore au stade recherche fondamentale et ne seront pas transposables à court terme dans le vignoble. A noter que la recherche de prédateurs et parasitoïdes naturels de la cicadelle dorée n'ont pas donné de résultats exploitables.

 

 

[Photo : Josquin Lernould ce 28 janvier, lors d'une conférence Millésime Bio]

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