Accueil / / Doses de cuivre en bio : les 6 kg/ha/an devraient être autorisés encore quelques années…
Doses de cuivre en bio : les 6 kg/ha/an devraient être autorisés encore quelques années…
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Peut-on abaisser les doses de cuivre utilisées en bio ? C'est la difficile question que les experts
Doses de cuivre en bio : les 6 kg/ha/an devraient être autorisés encore quelques années…

Par Juliette Cassagnes Le 22 janvier 2015
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Doses de cuivre en bio : les 6 kg/ha/an devraient être autorisés encore quelques années…
L

e passage d’une dose réglementaire de cuivre autorisé en viticulture biologique de 6 kg à 4 kg par hectare et par an est-il en train de se transformer en arlésienne ? Oui, si l’on en juge par la complexité et l’avancée du « dossier cuivre » ces dernières années... 

 

La question remonte à 2008, date à laquelle l’Anses, l’agence française de sécurité sanitaire, émet un avis proposant de limiter l’utilisation du cuivre à 4 kg/ha/an en agriculture. En 2013, l’EFSA, son équivalent au niveau européen, réactualise les avis précédents à partir d’études disponibles et propose de limiter l’utilisation du cuivre à 4.5 kg/ha/an. Mais depuis ces dates, les discussions sont toujours engagées et la décision en suspens : « On va rester à 6 kg encore quelques années… », résume Marc Chovelon, expérimentateur au Groupe de recherche en agriculture biologique (GRAB) et animateur à l’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB).

 

La France a été désignée comme pays rapporteur au niveau de la Commission européenne sur cette question de l’usage du cuivre en agriculture. En d’autres termes, elle instruit le dossier, puis le soumet aux experts scientifiques et à chaque Etat membre, qui se positionnent alors sur la question. Or l’avis de l’Anses, favorable à la limitation à 4 kg/ha/an et à l’abandon de l’outil de « lissage* », va à l’encontre de la position des professionnels du secteur, notamment viticole, appuyés par leurs instituts techniques : ITAB, IFV et Chambres d’agriculture. Selon ces derniers, une telle décision conduirait à une impasse technique : « Abaisser le seuil à une quantité fixe de 4 kg/ha/an serait très difficile pour les viticulteurs certaines années et dans certains vignobles, à l’image des millésimes 2008 et 2012, années de très fortes pressions de mildiou et où la dose de 6 kg a été largement dépassée », explique Marc Chovolon. Le lissage, outil aujourd'hui disponible pour ajuster les doses en fonction de la pression annuelle, leur permet par ailleurs d’être « acteurs » de la réglementation et ainsi « de mieux diminuer les doses utilisées ».

 

Ce changement de réglementation soulève également des questions d’ordre politique : « Abaisser le seuil à 4 kg/ha/an, qui stopperait les conversions en bio, c’est aussi aller à l’encontre du programme ‘Ambition Bio’ du Ministère de l’Agriculture, qui vise à la développer », relève le technicien.  

Les résultats des études sur la toxicité et l’écotoxicité du cuivre pour le sol et les organismes vivants ne sont, de plus, pas assez probants, ou restent incomplets, selon les organismes techniques français. Ces derniers ont proposé une saisine à la DGAL, qui la déposera à l’Anses, afin que des études complémentaires soient conduites. L’Anses a de son côté jusqu’en 2018 pour donner son avis, qui, dans la plupart des cas, est suivi par le ministère. Cette date est en effet l’ultimatum donné par la Commission européenne aux Etats membres pour se positionner sur le sujet…Réponse d’ici trois ans, donc !

Crédit photo: J Cassagnes

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé