LE FIL

Vignes éponges de Cognac

Condamnation compréhensive de rendements excessifs

Mardi 13 janvier 2015 par Alexandre Abellan

 Vignes éponges de Cognac : condamnation compréhensive de rendements excessifs

Rendu ce 8 janvier au tribunal correctionnel de Saintes (Charente-Maritime), le jugement des vignes éponges charentaises (soit d'impressionnants dépassements de rendements enregistrés sur les millésimes 2009 et 2010) semble osciller entre relaxes pour le fond et amendes légères pour la forme (13 viticulteurs ont été condamnés à des amendes allant de 150 à 1 500 euros, détaille le Sud-Ouest). Avocat de l'un des viticulteurs poursuivi, maître Philippe-Henri Lafont (bâtonnier de Saintes) souligne que les réquisitions du Parquet n'ont pas été suivies : « il était requis contre mon client une amende de 2 000 euros, finalement il a été relaxé pour la déclaration de récolte de 2009 (ayant fait rectifier son bordereau par un douanier), mais condamné à 500 € pour le millésime 2010. Je proteste toujours de leur innocence, je maintiens qu'ils n'ont pas agi de mauvaise foi. Ils n'ont pas fraudé, ils se sont acquittés de tous les droits et taxes. » Selon la défense des viticulteurs inculpés, le nouveau système de déclaration des récoltes mis en place en 2009 (notamment l'affectation parcellaire) n'était tout simplement pas bien compris par les viticulteurs, qui ont affecté leurs excédents de vins d'appellation (vin de base pour les Cognacs ou Pineaux des Charentes...) à des parcelles de Vins Sans Indication Géographique (VSIG) au lieu de les détruire.

Dans les Charentes, le système de vigne éponge est une dérive qui n'est plus d'actualité pour le vigneron Stéphane Roy. Le président de l'Union Générale des Viticulteurs de Cognac souligne d'abord que depuis 2009 le contexte économique a évolué « très favorablement pour le Cognac, qui se posait alors des questions sur son avenir (comme d'autres vignobles à cette époque) ». Il précise également le recours généralisé à « la réserve climatique ou la réserve de gestion lorsque l'on se trouve au-delà du rendement Cognac, ainsi que d'un rendement plancher ». Outils technico-réglementaires qui permettent de lisser la production et de « consolider l'exploitation sans déverser les excédents sur d'autres débouchés, comme les VSIG » conclut Stéphane Roy, qui ajoute qu'à Cognac « ce n'est plus la question des vignes éponges que l'on se pose, mais celle du dimensionnement correct du vignoble ».

 

 

[Photo : Patricia Inta (Vinifhlor)]

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