LE FIL

Le Liban perd son premier œnologue, Serge Hochar (château Musar)

Lundi 05 janvier 2015 par Alexandre Abellan

Le Liban perd son premier œnologue, Serge Hochar (château Musar)

C'est un père, un frère et un guide que le château Musar vient de perdre ce début 2015, avec le décès accidentel de Serge Hochar (à l'âge de 75 ans). Propriété familiale, le domaine de 150 hectares a été fondé en 1930 par son père, Gaston Hochar, dans la plaine de Bekaa et le mont Barouk (à l'est du Liban), où la viticulture aurait une histoire six fois millénaire. Cet héritage s'est réellement développé à partir de 1959, lorsque Serge Hochar est devenu le vinificateur du château Musar, tout en suivant la formation d'œnologue de Bordeaux (dont il sera diplômé en 1964). Selon l'histoire, il aurait alors déclaré à son père : « je veux faire le vin à ma façon, je veux qu'il soit connu dans le monde entier et je veux que tu passes la main ! » Un pari ambitieux salué en 1984 par la revue anglaise Decanter, qui le nommait premier « homme de l'année », non seulement pour la qualité de sa production, mais aussi pour le maintien des vendanges malgré la guerre civile libanaise (seuls les millésimes 1976 et 1984 manquent).

Assisté par ses fils (Gaston depuis 1994 et Marc depuis 2010), Serge Hochar était toujours à la tête du château Musar et travaillait de concert avec son frère Ronald (en charge des aspects commerciaux et logistiques). Dans un communiqué, sa famille annonçait ce 2 janvier « la vie ne sera pas la même, mais elle continuera. C'est ce qu'il aurait souhaité que l'on croit s'il avait été parmi nous : le père des vins libanais et l'homme derrière le château Musar. » D'après le New York Times, son décès prématuré serait dû à une noyade lors de vacances au Mexique.

 

 

[Photo : Serge Hochar lors d'une dégustation londonienne en 2011 (château Musar)]

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