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Autorisations de plantation

Sancerre illustre sur le terrain les dangers pour sa dénomination

Vendredi 12 décembre 2014 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 10/11/2015 23:07:09

Autorisations de plantation : Sancerre illustre sur le terrain les dangers pour sa dénomination

Empêcher le détournement de notoriété dans le cadre des autorisations de plantation : les vignerons du Centre y sont fermement résolus. Mardi 9 décembre, à la Maison des Sancerre, la Fédération des unions viticoles du Centre (FUVC) a donné rendez-vous à la presse et à une quinzaine de vignerons pour une « visite sur le terrain » sur les risques sur ce thème. Les viticulteurs redoutent une « captation » de la renommée de leurs AOP par des IGP ou des vins sans IG.

Gilles Guillerault, président de l’Union viticole sancerroise, a rappelé qu’aucune solution n’a pour l’instant été proposée et que « tout reste à inventer ».

François Crochet, vice-président du syndicat, espère que la réforme ne viendra pas briser un « système qui marche depuis près de quatre-vingts ans, basé sur une gestion de la croissance en bon père de famille ». 97 % du vignoble de Sancerre est planté et revendiqué en AOP. C’est ce qui fait l’image qualitative et la réputation de la région.

Les viticulteurs ne veulent surtout pas voir du sauvignon ou du pinot noir plantés à proximité de l’aire classée en AOP. Ils souhaitent que le ministère de l’Agriculture leur permette d’interdire les plantations de ces cépages en IGP ou vin sans IG.

Ils ont donné une illustration du risque encouru devant une parcelle de sauvignon plantée en IGP Val de Loire sur la commune de Neuilly-en-Sancerre, un nom très trompeur pour un acheteur non aguerri car cette commune ne figure pas dans l’aire de l’appellation Sancerre. Aujourd’hui, ces cas sont très isolés mais pourraient se multiplier à horizon 2016 lorsque les plantations nouvelles seront autorisées.

À l’heure actuelle, la majorité des vignerons de la région partage cette vision. D’après Gilles Guillerault, seuls trois d’entre eux ont déclaré qu’ils étaient prêts à planter à proximité des aires classées AOP. Mais qu’en sera-t-il si, sans outil de régulation efficace, la loi du marché prend le dessus ?

Pour Pascal Bobillier-Monnot, directeur de la Cnaoc, la préoccupation principale du ministère de l’Agriculture est actuellement de préciser les modalités de plantation au sein des aires d’appellations, et non à proximité.
Le Centre, petite région isolée, a compris qu’il fallait qu’elle fasse du bruit pour espérer se faire entendre et obtenir les outils qu’elle réclame. Elle pourrait bientôt être imitée par d’autres régions comme la Champagne ou l’Alsace, soumises à des problématiques similaires.
Hier, les viticulteurs ont prévenu : « S’il n’y a pas d’outil législatif, il y aura les charrues. » Sans solution d’ici le 1er janvier 2016, ils annoncent qu’ils bloqueront, avec leurs cinq cents tracteurs, les surfaces devant accueillir des plantations nouvelles.

 

Crédit photo : Marion Bazireau La Vigne - Vitisphere

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