LE FIL

Vino Bravo 2014

« Les politiques ne sont pas fiers des vins français »

Lundi 08 décembre 2014 par Juliette Cassagnes

Vino Bravo 2014: « Les politiques ne sont pas fiers des vins français »

La question de la place du vin en France a été au cœur des débats de la journée « Vino Bravo » organisée vendredi 5 décembre à Dijon. Les intervenants étaient unanimes sur ce point : le vin fait partie du patrimoine culturel et gastronomique de la France. Le secteur a un poids économique important et le vin « fait du bien, notamment par le lien social qu'il suscite »...Et pourtant, celui-ci continue de souffrir d’un manque de « fierté nationale » de la part de ses dirigeants. Pour Jacques Dupont, journaliste spécialiste du vin au Point, « le vin est un produit qui n’est pas soutenu dans son propre pays. Les politiques ne sont pas fiers de ses produits». Selon François Patriat, président de la région Bourgogne et sénateur, il faudrait au contraire « soutenir ce produit tellement connu de par le monde et s’en servir pour promouvoir la France, explorer des marchés. Le vin est un ambassadeur exceptionnel ».

 

Et de pointer du doigt les « hygiénistes » et autres « intégristes de la santé », qui « poussent des lois créant des difficultés », des embûches au secteur. Ainsi, on serait dans une société de plus en plus « aseptisée », dans laquelle on vise le risque zéro basé sur le principe de précaution.  « Demain, on risque de trouver des pastilles rouges sur le miel, le camembert, le vin, qui disent que cela est mauvais pour la santé », prévient le sénateur. "Nos voisins disent que nous avons un produit exceptionnel et que l'on trouve les moyens en France de ne pas communiquer dessus, et même de dire que cela est mauvais... On marche sur la tête ! s'emporte celui-ci. Serge Simon, ancien rugbyman et médecin, cite pour exemple le « paradoxe incroyable » entre les promotions de la région bordelaise, de ses paysages et de celle de son vin, qui a fait l'objet d'une interdiction de publicité suite à la plainte de l’Anpaa, « pour surtout ne pas montrer qu’il y a du plaisir ». Ou encore celle de Taittinger, lors de la coupe du monde de football 2014 au Brésil, dont il était fournisseur officiel pour son champagne : « sa publicité a été autorisée dans 120 pays mais pas en France », se désole le médecin.

 

Or selon l’avis de tous, cette politique anti-alcool franco-française basée sur la répression reste totalement « inefficace ». « Quand on ne peut pas supprimer le risque, on adopte la politique de diminution de ce dernier », préconise Serge Simon. Une politique qui devrait être basée sur de l’éducation, de la prévention, tout en sensibilisant sur les risques. Une méthode depuis longtemps soutenue par l’ensemble de la filière viticole française, et qui pourtant, ne fait toujours pas partie des plans des gouvernements et ministères qui se succèdent. « Les politiques actuels ont-ils peur des blouses blanches ? » s’est interrogé Jacques Dupont

Crédit photo: J Cassagnes (sur la photo, de gauche à droite : Serge Simon et Jacques Dupont)

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