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"Monsieur innovation" des Pépinières Mercier, Olivier Zékri détaille les différents sujets de recher
Olivier Zékri, Pépinières Mercier : « Produire des plants plus résistants, plus adaptés au marché »

Par Juliette Cassagnes Le 30 novembre 2014
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Olivier Zékri, Pépinières Mercier : « Produire des plants plus résistants, plus adaptés au marché »
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es 15 millions de plants produits par les pépinières Mercier représentent environ 10% de la production française et font d’elles le leader national de la production de plants de vigne, avec près de 10% de parts de marché. Dans cette entreprise familiale détenue et co-gérée par les deux « frères Mercier », Miguel et Guillaume, Olivier Zékri est le responsable « R&D »… En d’autres termes, c’est « le » monsieur chargé de l’innovation, « tant au niveau des produits que des process », précise celui-ci. Car l’entreprise ne se contente pas de produire… Elle investit aussi : « Environ 4% de notre chiffre d’affaires est chaque année consacré à l’innovation et à l’amélioration de nos procédés de fabrication.  Cela représente au total sept personnes qui travaillent dans l’équipe », poursuit-il.

L’entreprise a en effet pris le parti de se positionner depuis plusieurs années sur « la qualité sanitaire et l’innovation ». Un positionnement qui se concrétise au sein de l’entreprise par quatre axes stratégiques.  

Le premier est celui de la qualité sanitaire des plants : « Notre objectif : avoir un impact proche de zéro de la pépinière vis-à-vis des pathogènes ». Pour y parvenir, la pépinière a revu l’ensemble du procédé de production classique d’un plant de vigne, pour réinventer toutes les procédures, mais aussi ses infrastructures, les outils de stockage et mis en place un plan de désinfection des ateliers et outils. Tous les plants produits sont notamment désinfectés avec de l’anolyte neutre, « efficace contre les champignons responsables de l’esca ». Ce procédé, du nom de « Clean process », a fait l’objet d’un dépôt de brevet international. Et pour contrôler la bonne innocuité du matériel végétal, Mercier a participé, avec d’autres partenaires européens, à la mise au point d’un nouvel outil de détection des principaux pathogènes responsables des maladies du bois.

Le second axe clé est celui du biocontrôle, qui consiste à inoculer des micro-organismes « positifs » dans la plante pour la rendre plus forte vis-à-vis de son environnement, tels que le Trichoderma atroviride ou les mycorhizes. « Mais d’autres font actuellement l’objet de recherche au sein de notre laboratoire », ajoute Olivier Zékri. C’est par exemple le cas du Pythium oligandrum, expérimenté par l’Inra Bordeaux. « Nous sommes en train d’étudier comment le faire pénétrer dans la plante », poursuit celui-ci.

L’innovation et l’amélioration variétales constituent le troisième pilier : « Produire des plants adaptés au marché passe par la sélection massale, qui permet d’accroître la diversité génétique dans ses vignes », précise le scientifique. La pépinière travaille actuellement à la mise au point d’une gamme de plants issus d’une « sélection massale sanitaire », intermédiaire entre les sélections clonale et massale, mais indemne de tout virus. Ces plants ayant par ailleurs des caractéristiques « supérieures par rapport au clone de référence ». « Chaque année, nous lançons un nouveau programme de sélection massale sur une variété, que l’on suit pendant 10 ans ». Les premières variétés issues de ce programme sont déjà disponibles : Carménère, Petit Verdot et Grenache. Quant aux variétés nouvelles ou étrangères, mais aussi les variétés hybrides résistantes aux maladies développées par l’Inra, le spécialiste se dit rester « attentif » : « Nous les suivons, les expérimentons, pour étudier leur comportement et diversifier notre offre. Nous sommes ainsi prêts à les commercialiser dès qu’elles sont inscrites au catalogue officiel ».

Le quatrième axe stratégique enfin, est lié au process de production, en interne : « Nous travaillons à la modernisation de notre système de greffage, afin d’avoir de meilleurs taux de réussite et mais aussi de produire plus vite. Moderniser notre outil de production, c’est aussi nous permettre d’être plus compétitifs sur le marché ».

Crédit photo: Mercier (O Zékri)

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