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La Msa fait le bilan de dix années de prévention

Par Mathilde Carpentier Le 06 avril 2010
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La Msa fait le bilan de dix années de prévention
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a Msa publie le bilan de dix années d’observations des risques liés à la manipulation de produits phytosanitaires en agriculture. L’opportunité de pointer du doigt certaines pratiques exposant à plus de risques que d’autres.


« Il est reconnu que l’utilisation des pesticides constitue une
menace pour la santé humaine et l’environnement
» Journal officiel
de l’Union européenne du 25 novembre 2009, directive 2009/127/CE
du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009. (© Msa)

La France assure environ 20 % de la production agricole communautaire. Première utilisatrice de produits phytosanitaires en Europe, à l’échelle mondiale, les Etats-Unis et le Japon occupent les premières places. L’utilisation des produits phytosanitaires s’inscrit dans un cadre réglementaire contraignant et le nombre de substances autorisées baisse significativement, passant de 900 en 2000 à 300 en 2010.

 

Pourtant, le rapport 1997-2007 Phyt’attitude signale que « les études épidémiologiques concluent à moins de cancers chez les agriculteurs que dans la population générale, mais que certains ont une fréquence plus importante, de même les troubles de la reproduction et les maladies neurodégénératives ».

Salariés en cultures spécialisées, premiers déclarants Entre 1997 et 2007, 1 554 dossiers ont intégré la base de données. Le toxicologue a reconnu une imputabilité pour 1 067 d’entre eux, soit la reconnaissance d’une association de troubles à un produit. Les dossiers des salariés agricoles représentent plus des deux tiers des signalements, ceux des exploitants moins d’un quart. Quant au secteur d’activité, les cultures spécialisées, la viticulture et la polyculture, par ordre d’importance, fournissent 71,5 % des signalements. « Le secteur des fleurs, arbres d’ornement, espaces verts est à l’origine du plus grand nombre de signalements au regard de la surface cultivée. Ce secteur réalise de nombreux traitements annuels et reste le plus exposant malgré une diminution constante des cas signalés depuis 1997. » Les formulations liquides et les mélanges plus risqués


Près d’un dossier sur cinq mentionne un incident, majoritairement causé par des projections
accidentelles : ruptures ou fuites de tuyaux (en légère hausse), débouchages de buses et
déficience d’un Epi (en très forte hausse). Ces incidents soulignent l’importance d’un matériel
en bon état et entretenu. (© Msa)

Le matériel joue un rôle dans l’exposition. « Les pulvérisateurs à jet portés et à dos exposent leur utilisateur de manière plus importante au produit. » Plus d’un tiers des dossiers mentionnent des mélanges de produits, sans variation des habitudes dans le temps. Les produits à formulation liquide apparaissent dans plus de deux tiers des signalements.

En termes de protection individuelle, 52,8 % des applicateurs déclarent porter des gants lorsqu’ils préparent la bouillie et/ou remplissent le matériel. Dans les dossiers de signalement, les gants constituent l’unique élément retenu pour l’équipement de protection individuelle (Epi) : partie du corps la plus exposée, équipement le plus accessible et le moins contraignant. « Le port de gants reflète un comportement, sans préjuger de son efficacité car ni la matière, ni l’état des gants ne sont connus. » Enfin, la préparation de la bouillie et le remplissage du matériel représentent les deux tâches les plus exposantes.

Insecticides et produits T et T+ surreprésentés Plus d’un tiers des signalements concernent les fongicides, moins d’un tiers les insecticides et acaricides, un cinquième les herbicides. Mais les insecticides ne représentent que 3,4 % des substances actives vendues contre 52,6 % pour les fongicides et 33,6 % pour les herbicides. « En rapportant le nombre annuel de dossiers au volume de substances vendues, les insecticides sont surreprésentés et ce constat s’accentue depuis 1997. » Les produits impliqués dans les signalements possèdent la classification Xn (nocifs) dans 52,6 % des cas et T+ (très toxiques) ou T (toxiques) dans 29,3 %. « Par rapport à l’offre du marché il y a surreprésentation des produits classés T et T+. » Les patients présentent souvent plusieurs symptômes Onze années d’observations, dix années de bilan et plus de mille signalements imputables
Phyt’attitude, outil indépendant des firmes agropharmaceutiques et des pouvoirs publics, permet à la Msa d’être présente à la commission chargée d’évaluer la toxicité des produits phytosanitaires, et d’influer sur la réglementation. La poly-symptomatologie concerne 71,4 % des applicateurs : parmi eux près de 30 % présentent deux symptômes, plus de 20 % trois symptômes et plus de 20 % quatre symptômes et plus. « Quand le symptôme est unique, il est cutané, neurologique ou neuromusculaire. Quand il y a deux symptômes, ils sont cutanés ou digestifs. Au-delà de deux symptômes, les troubles hépato-digestifs dominent nettement. »

Les signalements de la tranche 20-39 ans diminuent constamment, alors que plus de la moitié des « signalants » a entre 40 et 59 ans. « Les moindres signalements pour la tranche 20-39 ans sont peut être en rapport avec une meilleure formation des intéressés, une sensibilisation au risque phytosanitaire, etc. Pour les plus âgés, il existe peut-être un déni du risque ou un manque d’information. »

 

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