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In vino qualitas
« Au bilan, les stratégies de protection performantes prennent le dessus »

Par Mathilde Carpentier Le 29 mars 2010
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« Au bilan, les stratégies de protection performantes prennent le dessus »
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uatre années d’expériences, menées par Basf Agro et l’Icv, sur l’influence de l’oïdium sur la qualité du raisin et du vin en Languedoc-Roussillon, ont déterminé le seuil de 10 %, au-delà duquel le préjudice issu de la contamination devient impossible à corriger. Par ailleurs, la comparaison de différentes stratégies de protection, au point de vue du bilan économique, donne avantage à celle utilisant des spécialités performantes.


« Choisir de trier revient à faire le choix d’une
perte de rendement de 10 %.
» (© Basf)

Jacques Rousseau de l’Institut coopératif du vin (Icv) et Vincent Jacus, responsable de la filière vigne chez Basf agro, présentent le partenariat Icv-Basf Agro au travers du programme « In vino qualitas » conduit sur trois années d’expérimentation en cépage rouge (Carignan) et blanc (Chardonnay) en Languedoc-Roussillon avait confirmé le fort impact de l’oïdium sur le rendement.

En termes de rendement, à partir de 20 % d’oïdium visible, la perte de poids le devient aussi. Plus flagrante à partir de 30-40 % d’oïdium, elle peut atteindre 50 % de la grappe avec des chutes de bouquets. Les attaques précoces entraînent également coulures, éclatements et nanification de baies. Quant à la qualité du vin, à partir de 9-13 % d’oïdium, la présence d’arômes indésirables augmente de 60 %. Ils deviennent impossibles à masquer à partir de 13-17 % d’oïdium. « Le seuil de nuisibilité, au-delà duquel la contamination porte préjudice au vin, est défini à 50 % sur une grappe, et à 10 % de grappes très touchées sur une parcelle. »

Avantage aux produits performants Expansion de l’oïdium
La maladie s’étend depuis plus de dix ans du fait de l’évolution des souches et des changements climatiques : augmentation des températures maximales et baisse des précipitations au printemps. L’avancée des dates de floraison varie entre un et dix jours selon le cépage. Les vendanges ont lieu plus tôt, avancées de trois à quatre semaines depuis 1945. Le degré d’alcool a augmenté dans les Riesling d’Alsace. La maturation dérive vers les moments les plus chauds de l’été. L’expérimentation, en 2009, a comparé trois stratégies de protection face à l’oïdium. « Les problèmes de trésorerie que connaissent un bon nombre de viticulteurs les poussent à élaborer des programmes de traitement à faible coût », explique Jacques Rousseau. « Les parcelles concernées par cette stratégie ont souffert d’attaques plus fréquentes qui ont fortement pénalisé le rendement. »

Le bilan économique, prenant en compte le coût de la protection et le coût de production, lui-même tenant compte d’une rémunération au Smic du producteur, des charges sociales et de matériel, donne nettement l'avantage au programme dit haut de gamme, faisant intervenir des produits innovants, préventifs et curatifs, avec une alternance des familles chimiques. « Sur l’essai d’Alignan, en 2009, entre le programme de référence et le bas de gamme, la différence de coût de protection atteint 63 € pour une différence de revenu net de 1.018 € en faveur du programme de référence. 1 € investi revient à augmenter son revenu de 16 €. »
Les essais s’approchent des stratégies adoptées en Languedoc. L’expérience montre par ailleurs que les grappes très touchées ont subi des attaques précoces. « Dans ces conditions, nous conseillons de démarrer tôt le programme. »


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