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Rétrospective 2009
Les faits marquants de l'actualité de la filière viticole de l'année

Par Juliette Cassagnes Le 22 décembre 2009
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Les faits marquants de l'actualité de la filière viticole de l'année
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009 aura été une année difficile pour l’agriculture et la viticulture avec une conjoncture défavorable. C'est aussi l'année de toutes les réformes et des réglementations qui évoluent. Face à ces mutations, les professionnels ont eu du pain sur la planche pour défendre les intérêts des producteurs. Synthèse des évènements phares qui ont marqué l'année 2009.

 


Les exportations de Champagne dévissent courant 2009, comme d'autres régions viticoles (© ) L'année commence par la disparition de Viniflhor dès le 1er janvier, et la naissance de FranceAgriMer, établissement national des produits de l'agriculture et de la mer. Ce nouvel office a en charge la gestion des filières des grandes cultures, de l’élevage, de la pêche, de l’aquaculture, des vins, des fruits et légumes, de l’horticulture, des plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Jérôme Despey prend en charge la présidence du Conseil vin, suite à son élection en juin. Mais le début de l’année 2009, c’est aussi la confirmation que la crise économique mondiale n'épargne pas la filière viticole. La fin de l'année 2008 étant les prémices, 2009 la confirmation que la chute est bien là. Les exportations des différentes régions viticoles s’effondrent : Bourgogne, Champagne, Cognac, Bordeaux... Les locomotives des produits français à l'exportation calent.

 

 

 Le mois de janvier 2009 est également marqué dans le Sud-Ouest par une forte tempête faisant beaucoup de dégâts pour les viticulteurs, les maraîchers et les forestiers. Neuf départements sont classés en état de « catastrophe naturelle ». Le vignoble bordelais est aussi touché, quatre mois plus tard - mai 2009- , par trois épisodes de grêle en moins de deux semaines.

 

 

 


L'année 2009 sera l'année de mise en place de la toute nouvelle segmentation des vins français (© ) En février 2009 est adopté définitivement le Grenelle de l’environnement par le Sénat, avec les projets de "développement du bio", de "certification environnementale des exploitations", de "développement des énergies renouvelables" ou encore de "taxe carbone", pour laquelle  l'agriculture est concernée. Ces notions de "développement durable" prennent tout leur sens cette année. Mais 2009 est aussi marquée par l'application de la réforme de l’Ocm. Parmi les nouvelles mesures, la restructuration du vignoble, l'aide à l'arrachage définitif ou encore la toute nouvelle segmentation des vins pour la récolte 2009. Les vins de table de France s’appellent désormais « Vins de France » et un nouveau dispositif d’habilitation est mis en place pour les vins de France avec mention de cépage / millésime. L’Anivit devient l’Anivin : Association nationale interprofessionnelle des vins de France.

 

 

Février, c’est aussi la publication de la très contreversée étude de l’Inca (l'Institut national du cancer) qui arrive aux conclusions que "boire un verre de vin par jour augmenterait le risque de cancer". La levée de boucliers ne se fait pas attendre. Les "contre-études" et réactions des professionnels sont nombreuses. Affirmations, qui finalement, ont été réfutées par le Haut Conseil de la Santé publique quelques mois plus tard. Mais les polémiques sur le thème vin et santé ne s'arrêtent pas là. Le projet de loi "Hôpital et santé", ou « Loi Bachelot » de février 2009, vise à interdire les dégustations de vins dans les salons ou les foires. Les professionnels se mobilisent une fois de plus. Le combat finit bien puisque les députés ont finalement déposé un amendement de compromis pour les dégustations de vins. Un débat dans lequel associations anti et pro alcool se sont affrontées.


L'adoption en l'état de la loi Hopitâl et santé de Roselyne Bachelot aurait conduire à l'interdiction des dégustations de vins sur les salons ou les foires (© )

Mars signe la fin du débat sur l’autorisation de publicité du vin sur internet : les députés finissent par l’autoriser et comblent un vide juridique datant de 1991 (loi Evin).

 

La  très médiatisée « polémique sur le coupage du rosé » embraye le pas. De février à juin 2009, le sujet fait rage et prend une tournure politique nationale. Le combat mené par la France auprès de Bruxelles et soutenu par Michel Barnier, est loin d'être gagné d'avance. Sous pression, la Commission finit par accepter le report de l’adoption du règlement d'un mois. Finalement, les professionnels du rosé obtiennent gain de cause. Suite à l’opposition grandissante des politiques, producteurs et consommateurs, Mariann Fischer Boel renonce à son projet le 8 juin 2009 dès le lendemain des élections européennes. Une polémique qui finalement aura même eu un impact favorable auprès des consommateurs français, selon le Civp (Comité interprofessionnel des vins de Provence).

 

 


Ce sont environ 600.000 hectolitres de vin invendus qui partiront à la distillation pendant l'hiver 2009 - 2010 (© ) En juin, la France demande à Bruxelles l'autorisation d'engager le processus de "distillation de crise", afin d'éliminer les excédents des vins invendus et apurer le marché. Sa mise en place est validée en août. 83% des volumes concernés proviennent de la région Languedoc-Roussillon, une région particulièrement sinistrée par la crise. Autre chiffre probant: trois-quart des superficies demandées pour les arrachages définitifs sont également localisés dans cette région. Mais celle-ci n'est pas la seule a être touchée. L’année 2009 aura été une année difficile pour les vignerons de nombreuses régions viticoles. Les situations économiques et financières sont mauvaises dans les exploitations : en Languedoc-Roussillon, dans le Sud-Ouest, dans le Bordelais, ou encore en Vallée du Rhône, le moral n'y est pas. L'annonce des revenus agricoles prévisionnels 2009 en décembre confirme ce ressenti. Les exploitations productrices de vins d'Aoc et de vins hors appellation devraient voir leur revenu agricole encore une fois chuter. Ceux de 2008 avaient déjà baissé.

 

 


Bruno Le Maire arrive dans un contexte en crise, des dossiers "chauds" l'attendent (© ) C’est dans ce contexte agricole et viticole tendu que Bruno Le Maire arrive au poste de Ministre de l’agriculture le 23 juin, en remplacement de Michel Barnier pour cause d’élections européennes. Car juin est aussi le mois des élections des députés européens du parlement, avec le programme détaillé de neufs agriculteurs candidats. Neuf députés français intègrent la Commision agriculture et développement rural, mais la grande gagnante de ces élections reste l’abstention.

 

Face aux difficultés financières et économiques des exploitations, la filière viticole présente en juillet  au nouveau ministre un plan de soutien pour la filière. Parmi les revendications avancées par les professionnels et les syndicats, la mise en place d’un observatoire des marges, la possibilité pour les interprofessions de donner des indications de prix, la mise en place de la contractualisation ou encore une concurrence plus égalitaire entre les Etats membres producteurs.

 

 

Heureusement pour les viticulteurs, l’année 2009 sera aussi l’année d’une bonne climatologie, d’une bonne récolte d’un point de vue qualitatif et sanitaire, et plutôt petite en volume comparée à la moyenne. Les vendanges démarrent mi-août pour les régions les plus méridionales et se terminent fin octobre pour les plus tardives, à des dates donc plutôt "normales". Mais l'actualité politique et économique reprend vite le dessus.

 


Des agriculteurs manifestent sur les Champs-Elysées à Paris à l'appel de la Fnsea (© ) En octobre, pour interpeller le gouvernement des difficultés rencontrées par l’ensemble des filières agricoles, la Fnsea appelle à une grande manifestation nationale, le 16 octobre exactement. Les revendications ne manquent pas. Selon la Fnsea et les JA, 52.000 agriculteurs défilent dans les rues de toutes les villes de France . En réponse à ces demandes, Nicolas Sarkozy présente le 27 octobre un « plan de soutien d’urgence ». Un milliard de prêts bancaires et 650 millions d’euros de soutiens exceptionnels sont débloqués. Des mesures financières destinées à aider la situation financière des exploitations, mais pas adaptées selon certains, « insuffisantes » selon les représentants syndicaux agricoles et viticoles. En marge de cette manifestation, le Syndicat des vignerons du Midi organise une autre manifestation, de viticulteurs, à Montpellier, deux mois après. Environ 5.000 viticulteurs du Sud manifestent.

 

 

 


Hervé Novelli présente le nouveau label "Oenotourisme et découvertes". Aidera-t-il les producteurs à développer leurs ventes au caveau ? C'est en tous cas son ambition... (© D.R.) Décembre a démarré avec le salon Sitevi à Montpellier, rendez-vous des professionnels pour l'équipement et le matériel viticole. Son palmarès de l'innovation a récompensé les matériels les plus innovants. Un dossier spécial sur viti-net y est consacré, reprenant les présentations de ces innovations et le suivi de l'actualité liée au salon.

 

L'année s'achève sur un Sommet de Copenhague et la réflexion liée au réchauffement climatique, à savoir: quels impacts pour les exploitations ? La fameuse "Loi de modernisation agricole" annoncée par Nicolas Sarkozy en septembre est présentée en décembre; mais les représentants de la filière viticole ne se sentent pas suffisamment représentés. A noter tout de même un nouveau dispositif qui apportera un changement important : la réassurance pour stabiliser le revenu agricole.

 

Enfin pour finir sur une note "positive", évoquons la montée en puissance de l’intérêt de l’oenotourisme par les autorités avec la création en mars du Conseil supérieur de l’oenotourisme et en décembre le lancement officiel du Label oenotourisme et découvertes.

 


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