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Bordeaux
Ces viticulteurs qui cultivent les vieilles pierres pour attirer le touriste

Par Vitisphere Le 20 octobre 2009
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Ces viticulteurs qui cultivent les vieilles pierres pour attirer le touriste
J
ean-François Janoueix cultive la vigne et les vieilles pierres. Pour ce viticulteur de Saint-Emilion, la restauration de son pittoresque village de vendangeurs était un devoir pour préserver le passé mais aussi pour attirer le touriste dans une atmosphère d'autrefois.

 


Jean-Michel Cazes reçoit aujourd'hui 20.000 visiteurs par an et doit 20% de son chiffre d'affaires au tourisme.(© D.R.) A quelque 90 km de là, dans le Médoc, Jean-Michel Cazes, convaincu depuis ses débuts que "le tourisme viticole est un atout", a reconstruit et réhabilité de fond en comble le hameau qui jouxte ses chais de Lynch-Bages. Deux septuagénaires, propriétaires de vastes domaines et d'appellations grand cru classé dans deux régions phares du bordelais, deux hommes qui affichent le même attachement pour les vieilles maisons de vignerons en ont entrepris la restauration, avec des visions différentes, pour jouer la carte de l'oenotourisme.

 

Sur la place pavée de Haut-Sarpe, près de Saint-Emilion, on a conservé l'enseigne de la Poste rurale et une vieille pancarte proclamant: "Au revoir la vigne, bonjour le vin". A deux pas, un tailleur de pierre travaille à la réfection d'une façade. "Le glouglou", la petite boîte de nuit aménagée pour les vendangeurs, un vaste réfectoire punaisé de centaines de photos souvenirs, un gîte pour les pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, un moulin du XVIIIe siècle, une future salle d'exposition pour des artistes, peut-être une brasserie, bientôt un four à pain. Une dizaine de maisons vieilles de 200 à 300 ans, abandonnées après la deuxième guerre mondiale, ont été restaurées aux frais de M. Janoueix.

"Un village disneyland"

A Haut-Sarpe, il y aura des artistes, des touristes qui "aiment bien vivre". "Ici, on manie le bon et le beau", dit-il à l'AFP. "Je veux que le village soit refait comme autrefois, avec l'atmosphère d'antan." "Les grands châteaux se fichent de ces maisons modestes. Quand on les démolit, on gagne quelques pieds de vigne mais nous perdons tout un pan du passé", se désespère-t-il. "Quand je vois Napa Valley (en Californie), on ne s'est pas mis au diapason de certains pays qui reçoivent des cars entiers de touristes."

 


Quand son architecte lui a conseillé de raser le hameau de son enfance pour agrandir ses chais, M. Cazes a décidé d'en faire "un lieu où l'on arrive à faire venir des touristes, où ils se retrouvent non pas dans une réserve d'indiens mais où ils rencontrent des locaux (© D.R.)

 

Jean-Michel Cazes aussi s'est "inspiré il y a longtemps de la Napa Valley" pour développer le tourisme viticole dans son exploitation de Pauillac, dans le Médoc. Aujourd'hui, il reçoit 20.000 visiteurs par an et doit 20% de son chiffre d'affaires au tourisme. Quand il a repris la propriété familiale, en 1973, l'ex-ingénieur informatique "ne connaissait pas bien le vin mais parlait bien l'anglais". "Le tourisme est un atout" pour les grands châteaux, il faut que "l'image du vin soit dépoussiérée", dit-il à l'AFP. Alors quand son architecte lui a conseillé de raser le hameau de son enfance pour agrandir ses chais, M. Cazes a décidé d'en faire "un lieu où l'on arrive à faire venir des touristes, où ils se retrouvent non pas dans une réserve d'indiens mais où ils rencontrent des locaux".

Bages et sa boulangerie, Bages et son café, Bages et son bazar, Bages et sa future boucherie, tout autour d'une jolie place entièrement reconstruite: une douzaine de maisons désertées ont été restaurées "pour faire venir des gens". Et quand d'aucuns lui reprochent d'avoir reconstitué un mini-Disneyland, il ne sent pas offusqué. "C'est une belle réussite, si j'avais autant de monde... Mais notre village n'est pas seulement pour les touristes, c'est un lieu où l'on vit".


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