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Reportage
Quand le douanier se fait vendangeur dans le Bordelais

Par Vitisphere Le 24 septembre 2009
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Quand le douanier se fait vendangeur dans le Bordelais
S
écateur à la main, les douaniers munis de leur brassard jouent à l'occasion aux vendangeurs dans le Bordelais pour cueillir des échantillons de raisins qui permettront, après vinification dans un laboratoire officiel, d'établir un étalon du millésime.

"Pour nous, c'est un peu la récréation !", dit le douanier Gérard Barbe, tout sourire, en récoltant les raisins sur une parcelle de merlots d'une propriété de l'appellation Fronsac, à Saint-Aignan, près de Libourne (Gironde). Le tout avec la bénédiction du propriétaire des lieux, plutôt amusé. Les trois agents des douanes sont ici bien accueillis car il ne s'agit pas d'un contrôle de l'exploitation mais d'une simple récolte d'un échantillon de 25 kg de raisins servant à l'élaboration d'une base de données européenne.


Des micro-vinifications sont réalisées par les services des douanes afin d'obtenir une "carte d'identité" du vin de la région (© Viti-net) Partout en France, à la saison des vendanges, quelques douaniers sont ainsi envoyés dans les rangs de vigne. Dans les vignobles du Bordelais et de Bergerac, une soixantaine de prélèvements sont effectués chaque année. "Nous intervenons auprès du viticulteur et on lui demande une date approximative, au plus près de la vendange. Nous essayons de choisir des parcelles représentatives de la région", souligne Gérard Martin, chef du centre de la viticulture aux douanes de Libourne. La vendange du jour est amenée au Service commun des laboratoires du ministère de l'Economie, à Pessac, près de Bordeaux, où les raisins sont foulés, égrappés, pressés puis vinifiés pour devenir un véritable vin qui servira de référence.

Une base de données enrichie chaque année

Dans ce laboratoire, l'un des trois en France travaillant sur le vin avec Montpellier et Paris-Massy, sont effectuées chaque année "entre 150 et 200 micro-vinifications", selon son directeur, Bernard Médina. "On n'a pas la prétention de faire un grand cru, l'objectif principal c'est de transformer le sucre en alcool", précise-t-il. "On obtient une carte d'identité du vin le plus représentatif de la région. Ca nous servira après, en contrôle officiel, à vérifier que la quantité de sucre autorisée pour la chaptalisation n'a pas été dépassée, qu'on a bien affaire au millésime revendiqué sur l'étiquette, ainsi que la région d'origine", détaille le responsable de ce laboratoire spécialisé dans le contrôle des boissons pour les douanes et la répression des fraudes. La "carte d'identité" du millésime reposera notamment sur l'analyse des "paramètres isotopiques" avec définition des valeurs en oxygène 18, deutérium et carbone 13.

Des données qui permettront notamment de révéler les éventuels ajouts en sucre de betterave ou sucre de canne. Récemment, grâce à cette base de données enrichie chaque année, le laboratoire a pu mettre en lumière qu'un vin du nord-ouest de la France, présenté par son propriétaire comme un millésime 2003, une bonne année, était en fait du vin datant 2002, année moins recherchée. Une quinzaine de cas "suspects" serait recensée chaque année. Trois bouteilles de chaque vin étalon du laboratoire, une fois vinifié puis analysé, sont stockées sur place pour de futures vérifications éventuelles, dans une "cave" où sont aujourd'hui entassées quelque 6.000 échantillons.


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