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Alcool et cancer
Le Haut Conseil de la Santé publique réfute les affirmations de l'Inca

Par Ingrid Proust, Ligérienne de presse Le 08 septembre 2009
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Le Haut Conseil de la Santé publique réfute les affirmations de l'Inca
L
e Haut Conseil de la Santé publique estime qu’il n’y a pas lieu de modifier les recommandations actuelles et de conseiller l’abstinence en matière de consommation d’alcool. Le Hcsp souligne le « possible effet bénéfique » d’une consommation modérée.


Le Haut conseil souligne en outre que les études exploitées par l’Inca ne prennent pas en compte notamment les « aspects positifs attribués à l'alcool par certaines personnes pour améliorer leur qualité de vie. (© Viti-net) « En matière de prévention des cancers, l’Inca déconseille la consommation d’alcool. Ce faisant, il est fait le choix de ne pas prendre en compte le possible effet protecteur d’une faible consommation d’alcool sur la survenue de maladies cardio-vasculaires. Cette recommandation, par l’absence de repères affichés, peut sembler en contradiction avec les recommandations précédentes ». Quelques mois après la tempête déclenchée par l’Institut national du cancer, le Haut conseil de la santé publique vient réfuter le discours de l’Inca.

Un message contradictoire

A la suite de la publication des conclusions de l’Inca sur l’alcool et le risque de cancer, la ministre de la Santé avait saisi en février le Haut conseil de la santé publique afin de savoir s’il y avait lieu ou pas de modifier les recommandations sanitaires actuelles en terme de consommation de boissons alcoolisées.

Le 1er juillet, le Hcsp rend son avis : « à ce jour, il n’y a pas d’argument convaincant pour justifier de modifier les recommandations actuelles basées sur des repères de consommation, en faveur d’une abstinence totale, telles que les recommandations de l’Inca ont pu être indûment interprétées

Selon le Hcsp, l’affirmation de l’Inca selon lequel il n’existerait pas de dose de consommation d’alcool sans effet a conduit à un communiqué de presse de l’Institut énonçant “ toute consommation d'alcool est donc déconseillée ». Or, « les données analysées ne permettent pas d'estimer avec précision les risques attribuables aux consommations d'alcool à faible dose ». Et « ce message de santé publique semble contradictoire avec le message actuellement dominant, qui attribuerait un effet bénéfique à la consommation en faible quantité de boissons alcoolisées à l’égard des maladies cardio-vasculaires », indique le Hcsp.

Le Haut conseil souligne en outre que les études exploitées par l’Inca ne prennent pas en compte notamment les « aspects positifs attribués à l'alcool par certaines personnes pour améliorer leur qualité de vie. Il est évident qu’une recommandation nutritionnelle à visée de santé publique ne peut être basée sur une morbi-mortalité spécifique, en l’occurrence le cancer, mais doit prendre en compte l’ensemble des effets et impacts potentiels ». Le Haut Conseil préconise aussi de poursuivre les études scientifiques afin « notamment de préciser le risque attribuable aux faibles consommations d’alcool en termes de pathologie cardio-vasculaire et/ou cancéreuse, et le cas échéant d’examiner la relation bénéfice / risque de la consommation d’alcool à faible dose ».

Victoire pour “l’Honneur du vin”

« Le Haut Conseil de la Santé publique a désavoué le travail de l’Inca », déclare Jean-Charles Tastavy, président des vignerons indépendants de l’Hérault, qui a créé l’association “Pour l’honneur du vin » suite à la publication de la brochure de l’Inca. L’association avait déposé un recours administratif préalable devant le ministère de la Santé pour empêcher la diffusion de la brochure auprès de tous les médecins généralistes. Objectif atteint aujourd’hui selon « L’Honneur du vin ». « D’après nos informations, la brochure n’a a priori pas été diffusée. Pas un médecin ne l’a reçu spontanément. La brochure a aussi été retirée du site internet du ministère de la Santé et de celui de l’INCa, se réjouit Jean-Charles Tastavy. De notre côté, nous avons fait traduire le rapport mondial Wcrf (World Cancer Research Fund) sur lequel s’est basé l’Inca. Nous avons constaté de fortes distorsions dans le niveau des recommandations et le niveau d’alerte. »

“Pour l’honneur du vin” a engagé en juillet un recours administratif pour « excès de pouvoir » à l’encontre de l’Inca et de la Direction générale de la Santé.


Tags : Cours
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