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Etats-Unis
Les consommateurs de vin deviennent plus chauvins

Par Ingrid Proust, Ligérienne de presse Le 27 août 2009
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Les consommateurs de vin deviennent plus chauvins
A
vec la crise, les consommateurs de vins aux États-Unis. ont tendance à se tourner vers des vins de meilleur rapport qualité-prix et produits dans leur pays. Ils sont moins curieux en matière de vins et ils vont moins au restaurant.

“Le marché américain du vin n’est pas imperméable à la crise, mais il résiste”. Pour Danny Brager, responsable du secteur boissons alcoolisées au sein du cabinet d’études Nielsen, la crise fait lourdement sentir ses effets sur le marché du vin aux États-Unis, sans pour autant entraîner une chute des ventes par rapport à la période précédente. “2007 a été vraiment une bonne période : les consommateurs montaient en gamme dans leurs achats et achetaient plus de vins, qu’ils soient américains ou importés. Puis la crise économique est survenue. Les consommateurs ont dès lors plus pensé à épargner et à rembourser leurs dettes et prêts, a expliqué l’expert lors de Vinexpo. Le vin est cependant au 10e rang des produits de base dont les ventes ont augmenté et il figure devant la bière et les spiritueux. Les consommateurs recherchent des moyens abordables et plaisants de calmer leurs soucis.”

On se tourne vers les vins produits localement


La réputation des vins français est qu'ils ont un mauvais rapport qualité-prix (© Viti-net) Cette crise économique génère de profondes mutations dans les comportements d’achats des Américains. “Ils recherchent des produits auxquels ils peuvent se fier, ils privilégient des vins qu’ils connaissent déjà. Ils préfèrent acheter local qu’importé”, note Danny Brager. Dans un sondage Nielsen réalisé en avril dernier, 26% des consommateurs américains interrogés indiquent acheter plus de vins produits aux États-Unis, 23% disent acheter plus de produits locaux . Les États-Unis constituent le troisième marché mondial d’importations de vins. En 2008 l’Italie et l’Australie se sont hissées sur ce marché aux rangs de 1er et 2e fournisseur, devant la France. Avec la crise, les ventes de vins italiens ont reculé début 2009, tout comme celles des vins australiens et français.

Mais les vins français ont un handicap supplémentaire : beaucoup d’Américains les jugent d’un mauvais rapport qualité-prix. Dans un sondage du Wine Market Council, 57% des consommateurs interrogés estiment que les vins français sont de meilleure qualité, mais 43% seulement pensent qu’ils sont d’un bon rapport qualité prix, contre 53% pour les vins italiens et 60% pour les vins australiens. Or la crise rend les consommateurs encore plus avides de bonnes affaires. “Ils recherchent désespérément le bon rapport qualité-prix, descendent en gamme”, souligne Danny Brager. Selon Nielsen, 34% des consommateurs interrogés comparent plus qu’avant les prix des vins en rayon, 22% accordent plus d’attention aux publicités pour trouver des offres spéciales, 20% recherchent des remises plus importantes avant d’acheter.

Le poids du “buzz” sur Internet

Autre tendance lourde aux États-Unis : la chute des sorties au restaurant. “Les Américains prennent moins leurs repas à l’extérieur. Au restaurant ou au bar, ils commandent des boissons moins chères ou plus de vin au verre”. Et le phénomène affecte plus le vin que la bière ou les alcools forts, note Danny Brager. En allant moins au restaurant, les Américains ont redécouvert le plaisir de cuisiner et de recevoir chez eux. Les émissions gastronomiques à la télévision, les livres de cuisine sont à la mode. Les Américains passent aussi beaucoup de temps sur Internet.

Pour commander des vins en ligne mais aussi pour échanger des avis. Les vins français viennent en tête des discussions. “Le buzz autour des vins français est significativement plus élevé que pour ceux d’autres pays comme l’Italie, l’Australie, l’Espagne ou l’Allemagne, indique Danny Brager. Ce “buzz” est assez neutre pour les vins français, plutôt favorable pour les vins argentins et plutôt négatif pour les vins australiens”.

Dans un sondage Nielsen, 72% des Américains interrogés disent faire confiance à une opinion de consommateur postée sur le Net. “Les consommateurs de vins veulent apprendre et les vins importés conservent une place importante sur le marché du vin américain, conclut Danny Brager. Lorsque l’économie repartira, leur potentiel de croissance reviendra, particulièrement parmi les Afro-Américains et les jeunes adultes.”


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