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Entretien du sol
L’enherbement total pourrait être intéressant sur les plans économique et technique

Par Ingrid Proust/Ligérienne de presse Le 08 juin 2009
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L’enherbement total pourrait être intéressant sur les plans économique et technique
L
es premiers résultats d’essais d’enherbement total mis en place par l’Ifv dans le Sud-Ouest ont mis en évidence une diminution significative des rendements et un gain significatif en anthocyanes et en polyphénols sur moûts.


L'enherbement total semé, une fois mis en oeuvre, permettrait de lutter contre les adventices de manière plus propre et économiquement intéressante (© Viti-net) L’enherbement total : une nouvelle solution pour atteindre le “zéro herbicides” ? « L’alternative première à la non utilisation d’herbicides sous le rang est le désherbage mécanique. Mais cette technique bien qu’efficace peut s’avérer contraignante. Une autre technique pourrait se révéler économiquement intéressante : l’enherbement total de la vigne”, déclare Laure Gontier de l’Ifv Pôle Sud-Ouest à l’Isle-sur-le-Tarn.

Opter pour l’enherbement total suppose bien sûr d’éviter le risque d’une concurrence trop élevée. L’enherbement semé paraît à ce titre préférable. “L’enherbement naturel présente l’avantage d’être facile à mettre en œuvre mais sans maîtrise des espèces présentes au sein du couvert végétal, il risque d’être trop concurrentiel pour l’eau et l’azote, indique Laure Gontier. Un enherbement semé permet de maîtriser cette concurrence hydro-azotée via le choix d’espèces et de variétés, voire d’associations peu concurrentielles.”

Le dactyle très efficace contre les adventices

Il s’agit également de veiller à la résistance du type de couvert végétal choisi face à la flore spontanée indésirable et à son caractère peu poussant pour limiter les tontes. L’Ifv a mis en place des essais en 2006 et 2007 à Cahors (malbec), dans le Gers (colombard) et dans les Côtes du Frontonnais (négrette). Sur chaque site, les inter-rangs sont en permanence enherbés et l’enherbement naturel ou semé sous le rang est comparé aux modalités désherbage chimique et désherbage mécanique.

Premier résultat : les couverts végétaux semés permettent un contrôle efficace des adventices. “Le dactyle ‘hispanica’ est très efficace pour limiter le salissement par les adventices, note Laure Gontier. Les mélanges de graminées à dominante kœlerie (50% koeleria macrantha, fétuque ovine, ray grass, fétuque rouge demi traçante) et fétuque ovine (35% fétuque ovine, 15% pâturin des près, ray grass, plantain corne de cerf) permettent de limiter le développement des adventices à 16 et 18% en moyenne de la surface sous le rang”. La pluviométrie a été régulière et abondante en 2007 et 2008 sur les sites des essais, et aucun stress hydrique important n’a été enregistré.

Côté rendement, l’impact de l’enherbement total est net : sur colombard en côtes de Gascogne, en 2008 les grappes ont eu un poids moyen inférieur de 25% à celles du témoin désherbé chimiquement sous le rang et à l’inter rang enherbé. Sur Fronton en négrette, la diminution du rendement par rapport au désherbage chimique est comprise entre 10 et 14%.

+12% d’anthocyanes

A la dégustation, les vins de 2007 (année même où la plupart des essais ont commencé) issus des sites en enherbement total n’ont pas montré de différences marquées. Les analyses sur moûts de la récolte 2008 ont en revanche mis en évidence des données intéressantes. “Les moûts issus du site de Fronton (négrette), en enherbement total semé ou naturel, ont présenté un gain moyen d’anthocyanes de 12%. L’indice de polyphénols totaux est supérieur de 20% en enherbement total naturel par rapport au témoin, souligne Laure Gontier. Des données logiques compte tenu de la diminution du rendement.

Sur le site de Mons, les premiers résultats de dégustation des vins blancs issus de colombard en enherbement total ont présenté une plus grande intensité aromatique au nez mais cela reste encore à valider. L’Ifv va poursuivre ses essais, notamment sur les enherbements mono-espèce et les associations graminées/légumineuses, sur l’évolution des couverts végétaux face aux adventices, sur le redéploiement du système racinaire de la vigne. L’Institut envisage aussi une analyse technico -économique à grande échelle de l’enherbement total.


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