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La génomique à la rescousse de la vigne

Par Vitisphere Le 27 février 2009
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La génomique à la rescousse de la vigne
G
râce à la connaissance du génome de la vigne, séquencé en 2007, les scientifiques tentent de mettre au point des variétés plus résistantes aux maladies et mieux adaptées au réchauffement climatique.


La vigne est la quatrième plante dont le génome a été séquencé, après l'arabette, le riz et le peuplier. (© Viti-net)

Les vendanges, qui ont déjà été avancées d'un mois en un demi-siècle, ont de plus en plus souvent lieu en plein été, par temps chaud et sec, tandis que les précipitations sont plus abondantes qu'autrefois en hiver, une conjonction plutôt défavorable. "La viticulture doit trouver des pistes pour maintenir une maturation assez tardive malgré l'augmentation des températures et la raréfaction des ressources en eau", a déclaré Serge Delrot, de l'Institut des sciences de la vigne et du vin en Gironde, lors d'une conférence de presse organisée par l'Inra au Salon de l'Agriculture.

"De la syrah en Alsace"

"Si le réchauffement est aussi rapide que prévu, on pourrait être amené à planter de la syrah en Alsace", un cépage de la vallée du Rhône, selon M. Delrot, qui se base sur un scénario de température moyenne en hausse de 2,4°C d'ici 2100. Mais le remplacement d'un cépage par un autre dénaturerait le goût du vin et ne peut être qu'une solution de dernier recours, lorsque les marges de manoeuvre dans la conduite de la vigne (taille, effeuillage,..) auront été épuisées. La filière viticole espère que grâce à la détermination des gènes associés au goût sucré, acide, et aux précurseurs d'arômes du raisin, la diversité de la vigne pourra être maintenue, parallèlement à la mise au point de nouvelles variétés, plus résistantes aux maladies et au changement climatique.

"Tous ces outils n'ont de sens que parce que nous voulons conserver la diversité de notre ressource", a conclu François Houiller, directeur scientifique "Plante et produits végétaux" à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). A plus court terme, la génomique sert à "produire de nouvelles variétés qui résistent mieux aux maladies" et d'avoir moins recours aux pesticides, a souligné Didier Merdinoglu, de l'unité Santé de la vigne et qualité du vin à Colmar. En 2007, la vigne est la quatrième plante dont le génome a été séquencé, après l'arabette (en 2000), le riz et le peuplier.

30.000 gènes

Parmi les quelque 30.000 gènes de la vigne, ceux qui induisent une résistance particulière aux maladies ont, comme chez les autres plantes, une structure particulière, identifiable. "Il existe des sources de résistance dans les vignes sauvages, asiatiques ou américaines, qui peuvent être utilisées pour produire de nouvelles variétés résistantes", a expliqué M. Merdinoglu. Les chercheurs testent en laboratoire les effets de certains gènes en ayant recours à la transgénèse (en transférant un gène d'un organisme vivant sur un autre). En accord avec les professionnels de la filière viticole, ils n'envisagent pas de cultiver des organismes génétiquement modifiés (Ogm). Afin de conférer une résistance à un cépage, on peut en effet procéder par croisement. Dans ce cadre, la génomique permet de "définir des marqueurs moléculaires pour repérer les individus qui ont retenu la caractéristique recherchée après croisement", a détaillé Anne-Françoise Adam-Blondon, directrice-adjointe de l'Unité de génomique végétale à Evry.


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