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Les populations de ravageurs sous l’influence du paysage

Par Ingrid Proust/Ligérienne de Presse Le 05 janvier 2009
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Les populations de ravageurs sous l’influence du paysage
L
es vers de la grappe ont tendance à être plus nombreux dans les grandes zones de vignes tandis que les cicadelles vertes sont plus présentes dans les parcelles isolées, selon des expérimentations menées par l’Inra et l'Enita de Bordeaux.


Le paysage et la configuration des zones viticoles ont un impact sur les populations d’insectes ravageurs. (© Viti-net) Les travaux coordonnés par Maarten van Helden, professeur à l’INRA/Enita de Bordeaux, dans plusieurs vignobles de France montrent que le paysage et la configuration des zones viticoles ont un impact sur les populations d’insectes ravageurs. “Nous avons travaillé sur la comparaison entre les effectifs de ravageurs et la composition du paysage : vigne, enherbement ou non, présence de haies ou d’arbres, de forêts, de routes, de cours d’eau, en dressant une cartographie telle que la voit l’insecte, dans un rayon de 150 m à 2 km”, explique le chercheur.

La cicadelle verte préfère plutôt les parcelles isolées

En Saumur-Champigny, à Pessac-Léognan, dans le Sauternais, dans l’Aude, sur des parcelles toutes enherbées, les expérimentations montrent les mêmes orientations en ce qui concerne deux ravageurs, l’eudémis et la cicadelle. “La présence de l’eudémis est plus élevée dans les zones où la surface occupée par les vignes est grande, où la vigne forme un grand îlot de monoculture, sans arbres ni haies, indique Maarten Van Helden. Sa présence est aussi liée à l’âge de la parcelle, la densité de plantation, la vigueur. A l’inverse, la cicadelle verte préfère plutôt les parcelles isolées et les petits îlots de vigne.” Le spécialiste souligne que la gestion de l’eudémis est problématique à Sauternes, dans le Médoc, autour de Nîmes entre autres, où la vigne forme justement de grandes zones de monoculture. “Plus la  surface d’habitat est grande, plus les populations sont logiquement élevées, observe-t-il. La présence plus forte d’eudémis dans ce type de zone est peut-être liée à l’absence d’insectes auxiliaires mais ce n’est pas sûr.

L’équipe de Maarten Van Helden étudie l’influence de la biodiversité sur les ravageurs et travaille notamment sur l’hypothèse selon laquelle les haies pourraient être une source d’insectes auxiliaires. “Il a été démontré qu’il n’existait pas forcément une régulation. Les expérimentations ‘haie' ne sont pour l'instant pas concluantes en ce qui concerne leur rôle comme refuge et source d'auxiliaires.
Mais un travail à l'échelle du paysage montre bien que le paysage influence les populations de ravageurs (sans identifier les mécanismes)
.

Une haie pour “couper en deux

Les haies peuvent créer des conditions plus favorables pour les ravageurs (hivernations, plantes hôtes alternatives) et donc entraîner une augmentation de leurs populations. Mais elles peuvent aussi constituer des barrières freinant leur migration vers la vigne. Dans l’appellation Saumur-Champigny, où plus de 8 km de haies ont été plantés, une expérimentation se met en place autour de la création d’aménagements pour favoriser la biodiversité : une haie pour “couper en deux” un grand îlot de vignes ou des “petits îlots de biodiversité” (taillis, bosquets) dans des zones où la vigne est la seule culture. Le syndicat saumurois, qui travaille depuis 2004 sur la biodiversité, a depuis été rejoint par d’autres appellations qui s’engagent sur ce thème, en Champagne, dans le Gard ou les Côtes du Rhône méridionales.


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