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Mise en place Grenelle de l’environnement
Les dix engagements des chambres d’agriculture

Par Frédéric Hénin Le 19 décembre 2008
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Les dix engagements des chambres d’agriculture
L
es chambres d’agriculture ont pris en main la mise en œuvre du volet « agricole » du Grenelle de l’environnement. Les dix programmes retenus constituent la feuille de route de leurs missions dans les prochaines années.


Luc Guyau, président de l'Apca aux assises
des Chambres d'agriculture (© Terre-net Média) La centaine de représentants des chambres départementales et régionales d’agriculture se sont engagés, comme un seul homme, mercredi 17 décembre, à mettre en œuvre, à travers les dix programmes retenus, le volet agricole du Grenelle de l’environnement. Durant cette session de fin d’année, les chambres ont voulu montrer qu’elles « ont la volonté de concilier une production agricole économiquement performante et de qualité avec les enjeux environnementaux et sociaux et, de promouvoir une gestion équilibrée des territoires ».

Les dix programmes retenus pourront être déclinés régionalement et départementalement, notamment à travers les chambres régionales aux missions récemment redéfinies et aux moyens mutualisés. Ils pourraient être proposés conjointement dans le cadre d’approches globales et cohérentes des territoires et des exploitations.

Exposés en six pages, ils couvrent des domaines aussi variés que la foresterie, le développement de l’agriculture biologique, la performance énergétique des exploitations ou encore la protestation des cultures. A noter aussi la gestion et la valorisation des déchets ou la gestion durable des ressources en eau.

« Les premiers écologistes de France »

Au final, l’engagement des chambres affirme leur détermination d’être à leur niveau les maîtres d’œuvre « agricoles » du Grenelle de l’environnement. « C’est dans un esprit d’ouverture et de dialogue que les Chambres d’agriculture se sont engagées dans le Grenelle de l’environnement », assurent leurs représentants ; mais aussi la volonté de rester les maîtres d’œuvre du volet agricole de la mise en œuvre de cette politique environnementale, au risque sinon d’en être dépossédés. Or dans cette hypothèse, ils savent qu’ils auraient beaucoup à perdre.

Selon Luc Guyau, président de l’Apca, les agriculteurs sont interpellés par la lutte contre le changement climatique ou encore par la préservation de la biodiversité, des écosystèmes ou encore des milieux naturels. « Ce sont les premiers écologistes de France » comme l’aime à rappeler Michel Barnier, ministre de l’agriculture invité mercredi 17 décembre à la 4ème session des Chambres d’agriculture. « Et ils agissent d’ores et déjà au quotidien en faveur de la préservation de l’environnement », ajoute Luc Guyau.

La feuille de route des chambres

Le programme des Chambres d’agriculture est aussi un moyen pour les agriculteurs de légitimer auprès de l’opinion publique les soutiens publics qui constituent l’essentiel de leur revenu. Le débat budgétaire sur la Pac d’après 2013 sera lancé dès 2010.

En attendant, la mise en oeuvre du volet agricole du Grenelle de l’environnement constitue la feuille de route des chambres d’agriculture des prochaines années pour « concilier au niveau des exploitations une production agricole économiquement performante et de qualité avec les enjeux environnementaux ». Ces nouvelles missions légitimeront l’utilité des services des chambres d’agriculture dans le monde agricole.

Cependant, il reste à savoir avec précision avec quels moyens ces programmes seront financés. Hormis le financement des taxes chambres, les chambres devront trouver des partenaires financiers ou développer la contractualisation et la facturation pour les services rendus. « Nous nous battrons pour trouver les moyens », assure Luc Guyau sans plus de précisions. Mais dans tous les cas, le contexte actuel (revenu agricole en baisse) ne constitue pas selon le président de l’Apca un obstacle pour se lancer dans la mise en oeuvre du Grenelle. « C’est une démarche à long terme qui nécessite de dépasser les questions conjoncturelles. Mais ce serait mieux que si les perspectives de revenu étaient plus lisibles », reconnaît-il.


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