Accueil / Commerce/Gestion / Où est passé le revenu des exploitants ?

Baisse du pouvoir d’achat par exploitant de 16 points depuis 1990
Où est passé le revenu des exploitants ?

Par Frédéric Hénin Le 16 décembre 2008
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Où est passé le revenu des exploitants ?
E
n 2008, on dénombre environ deux fois moins d’exploitations professionnelles qu'en 1990. Dans le même temps, le revenu agricole de "la ferme France" n'a cessé de baisser. Aussi, le déclin démographique n'a pas profité aux exploitants encore en activité.


La valeur ajoutée de la production agricole a échappé
aux exploitants (© Terre-net Média) Les dernières prévisions en matière de revenu agricole publiées le 16 décembre dernier soulèvent un problème redondant, celui du pouvoir d’achat des agriculteurs. Selon le compte prévisionnel de l’agriculture en 2008, le revenu moyen par exploitant professionnel serait en moyenne supérieur de 21,6% à son niveau de 1990. Or dans le même temps, l’inflation estimée par l’Insee est d’environ de 37,8%. Au total, le manque à gagner est de 16 points. Ainsi, dans leur ensemble, les exploitants agricoles professionnels n'ont non seulement pas bénéficié de la hausse de leur pouvoir d’achat depuis 18 ans, mais en plus, ils ont du supporter une dégradation de leur niveau de vie.

Par ailleurs, ces dernières années se sont traduites par une plus grande disparité des revenus entre exploitants et une nouvelle hiérarchie entre les catégories. Les revenus des viticulteurs étaient 3,2 fois plus élevés en1990 que les producteurs de bovins et d’ovins viande. Aujourd’hui, ils disposent d’un revenu par actif non salarié inférieur de 13% à leur niveau de 1990, et même de 50% en euros constants si on prend en compte l’inflation. En revanche, les revenus des producteurs « grandes cultures » s’établissent à plus de 89% au dessus de leur niveau de 1990, soit un gain de pouvoir d'achat de 50 points environ si on prenait en compte l’inflation.

Les éleveurs laitiers ont vu progresser leur revenu au même rythme que l’inflation, exception faite de l’année 2008 (cf article sur le revenu en production animale).

Les écarts se creusent

Les grands perdants de ces 18 dernières années sont les éleveurs hors sol dont le revenu de 2008 équivaut environ à un tiers de celui de 1990, après inflation. Quant aux éleveurs ovins, le recul est aussi patent puisqu’au final leur revenu est en monnaie constante de moitié à celui perçu 18 ans plus tôt.

Résultat, toutes catégories confondues, les écarts de revenu vont de 1 à 4,5 entre les éleveurs ovins et bovins viande et, les « viticulteurs d’appellation ». Les producteurs grandes cultures disposent de revenus trois fois plus élevés que les moutonniers. Avec les éleveurs laitiers le ratio est de deux. Les producteurs de porcs et de volailles sont dorénavant à des niveaux de revenu parmi les plus faibles.  

Ces tendances en matière de revenu sont d’autant plus troublantes que le nombre d’exploitants a été divisé au moins par deux depuis 18 ans ! Ainsi, le déclin démographique n’a pas profité depuis 1990 à l'ensemble des exploitants encore activité. D’où les nombreuses manifestations des éleveurs portant sur le revenu, sur la répartition de la valeur ajoutée ou encore la fixation des marges entre distributeurs, industriels et consommateurs.


Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé