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Mildiou
Pourquoi 2007 a été une année record dans les Charentes ?

Par Juliette Cassagnes Le 05 juin 2008
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Pourquoi 2007 a été une année record dans les Charentes ?
A
nnée précoce, enchaînement de pluies, agressivité du mildiou, pousse continue de la vigne, ont été les facteurs qui se sont cumulés pour 2007, et qui ont rendu l'épidémie très forte.


La pousse des jeunes organes, feuilles, rameaux, grappes, est un facteur favorable à la progression du mildiou (© JC) C’est une succession de facteurs qui ont rendu la situation aussi difficile pour les viticulteurs en 2007. Cela a commencé avec la maturité des œufs d’hiver a tout d’abord été précoce (23 mars), contrairement à 2006 par exemple ; elle a donc eu lieu avant le débourrement de la vigne, qui s’est déroulé vers le 10-20 avril. Or le stade des premières feuilles étalées, qui a suivi quelques jours plus tard, est également un facteur défavorable. La réceptivité de la vigne est en effet forte à ce stade, avec la sorties des jeunes premières feuilles particulièrement sensibles. Une première pluie datant du 12 avril a engendré une contamination primaire de ces feuilles tout juste sorties. Les premières taches suite à cette contamination ont été logiquement observées sur Ugni blanc le 1er mai.

Une vigne poussante, un facteur très défavorable

Mais c’est surtout « le nombre de jours de pluie entre mai et août qui a été déterminant en 2007, explique Patrice Rétaud, de la Srpv Poitou-Charentes. Entre le 28 avril jusqu’au mois d’août, nous avons connu une succession ininterrompue de pluies ». Dès le 11 mai, on observait une seconde sortie de taches, suivi d’une montée en puissance de l’épidémie qui s’est traduit par un nombre élevé de contaminations et par une « superposition des cycles de mildiou » : « En règle générale, dans le cas d’une épidémie de mildiou « moyenne », on enregistre une vingtaine de cycles de mildiou sur la saison. En 2007, pas moins de 40 cycles se sont superposés entre mai et août ! C'était incroyable. Cela a rendu la lutte très difficile : les traitements ont freiné la progression de l’inoculum, mais n'ont pas stoppé l'épidémie !».

L’enchaînement des jours de pluies a également joué sur la plante elle-même, empirant encore la situation. « L’année 2007 a été une année « très poussante », avec une réceptivité forte des jeunes organes à la maladie. De plus, les nombreux écimages nécessaires ont favorisé la  production d’entrecoeurs, eux aussi très réceptifs au mildiou. On a enregistré jusqu’à 20-25 cm d’allongement des rameaux par semaine entre mai et août, et la pousse s'est poursuivie jusqu’en septembre ! ».

Enfin, les mauvaises conditions de pulvérisation, la difficulté d’anticiper les renouvellements, et une protection aléatoire des périodes de contamination, ont rendu la lutte très compliquée.


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