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C'est le « printemps du mildiou » pour le sud-est

Par Juliette Cassagnes Le 05 juin 2008
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C'est le « printemps du mildiou » pour le sud-est
L
e Sud-Est connaît actuellement un printemps extrêmement humide par rapport à la normale. Bernard Molot, chargé de la protection intégrée du vignoble à l'Ifv, parle d'une situation de « jamais vu » pour les départements du Gard et de l'Hérault. Seule une accalmie pour pouvoir enfin traiter, suivie d'un vent du nord asséchant, pourraient limiter les dégâts dans les prochains jours...


Afin de protéger au mieux le vignoble, il s'agit d'anticiper au mieux toute pluie et les renouvellement des protection (© JC) « Nous connaissons actuellement un mois de mai qui défraye la chronique » résume Bernard Molot, de l’Ifvv (Institut français de la vigne et du vin). Le Sud-Est, et précisément le Gard et l’Hérault, ont essuyé depuis début mai un grand nombre de pluies, et depuis le 24, des pluies de manière ininterrompue... Soit 8 jours « pendant lesquels il a été impossible d’intervenir » précise le spécialiste.

« On s’attend à battre des niveaux records en terme de nombre de jours de pluie sur Nîmes, avec un chiffre allant de 10 à 16 jours de pluies pour mai. Aujourd’hui est notre premier jour sans pluie, mais la météo n’est toujours pas stabilisée, et des averses sont à nouveau annoncées pour les prochains jours ». Le problème de pénétration dans les parcelles complique encore les choses : « Nous avons connu 8 jours pendant lesquels il était impossible d’intervenir dans les parcelles. Parmi ceux qui s’y sont tentés, beaucoup se sont enlisés ».

« Même avec une protection irréprochable, on risque d'avoir des surprises »

Mais pour ce spécialiste, le « mal est déjà fait ». Avec les basses températures enregistrées pour la région et pour l’époque, la durée d’incubation du mildiou est lente, et la pression devrait monter. « Dans le courant de la semaine, on devrait commencer à voir les sorties de taches. Le pire est à venir, s’inquiète Bernard Molot. Il va y avoir de la casse. Même ceux qui ont procédé à une protection phytosanitaire impeccable, avec des systémiques ou pénétrants la semaine dernière, vont avoir des surprises… ». Quant à ceux qui ont appliqué des produits de contact, la protection ne suffira pas. A l'heure actuelle, 13 cycles de mildiou sont déjà démarrés.

La situation la pire concerne le Gard et l’Est de l’Hérault. Les autres départements, Aude, Vaucluse, ou Ouest -Hérault, seront un peu plus épargnés. « On peut d’ores et déjà prédire des pertes partielles de récoltes pour cette année », prédit l’expert. "La situation du début d'année 2008 est comparable aux années 1977, 1988, 1992, et dans une moindre mesure, 2000 et 2007, précise Bernard Molot, mais en largement au-dessus et en avance; c'est du jamais vu ».

Dans ce contexte, le spécialiste conseille de privilégier des produits à effet anti-sporulant, comme le diméthomorphe, l’iprovalicarb ou le cymoxanil, afin de limiter la sporulation en cours. « Il s'agit de freiner au maximum l'épidémie en cours, mais l'effet ne sera malheureusement que partiel. Il faudra également anticiper les renouvellements de protection en cas de pluies annoncées vers la fin de la durée théorique de protection du produit. Et d’une façon générale utiliser les cadences les plus courtes préconisées pour chaque famille de fongicide. Ensuite, seul un passage au vent du nord, plus sec, pourra arrêter la progression de la maladie ! »


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