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Les bouchons synthétiques plus perméables à l’oxygène que les autres ?

Par Ligérienne de presse Le 23 février 2006
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Les bouchons synthétiques plus perméables à l’oxygène que les autres ?
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rois chercheurs de la faculté d’œnologie de Bordeaux ont réalisé une étude sur les taux de transmission d’oxygène dans la bouteille à travers différents types de bouchons. Leurs travaux ont démontré une grande variabilité des taux de diffusion entre les bouchons liège traditionnels, les technologiques et les synthétiques. Ceux-ci ont présenté une plus grande perméabilité par rapport aux autres.

 


liège naturel était perméable à l’oxygène (© VN)

 

Ribéreau-Gayon l’a écrit dès 1933 : de l’oxygène se diffuse dans le vin après l’embouteillage. Et l’on reconnaissait généralement que le liège naturel était perméable à l’oxygène, permettant la transmission de microquantités dans la bouteille. "Il n’existait cependant peu de publications sur la diffusion d’oxygène pendant le vieillissement en bouteille ou sur l’influence à ce sujet des différents systèmes de bouchage", souligne Yves Glories, ancien doyen de la faculté d’œnologie de Bordeaux qui, avec deux autres chercheurs, Paulo Lopes et Cédric Saucier, a publié récemment une étude sur les taux de transmission d’oxygène à travers les différents types de bouchons, mesurés au moyen d’un réactif coloré dissous dans des bouteilles d’eau ensuite stockées en position couchées.

Publié dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, ce travail "confirme que les bouchons de liège laissent pénétrer une petite quantité d’oxygène", indique le groupe Amorim, qui a soutenu cette recherche. Le leader mondial du bouchage liège a fourni les bouchons liège traditionnels et technologiques testés dans l’étude : bouchons naturels de première qualité de différents diamètres, bouchon colmaté, Aggloméré, Twin Top et Neutrocork. Les synthétiques Supremecorq (moulé) et Nomacorc (extrudé) ont aussi fait partie du panel.

Tous les bouchons ont laissé passer de l’oxygène mais les synthétiques ont montré selon les chercheurs "une perméabilité substantielle" : pour le Supremecorq, les limites de capacité des instruments de quantification d’oxygène ont été atteintes à moins de 140 jours de stockage, le Nomacorc atteignant les limites après 290 jours. Ce qui n’est pas le cas des bouchons liège traditionnel qui, tout en présentant des taux très variables de transmission, restent dans des valeurs comprises entre 0,24 et 0,50 mg d’oxygène par litre et par mois (entre 30 et 365 jours de stockage), contre 1,5 pour le Supremecorq et 0,85 pour le Nomarcorc. Quant aux bouchons technologiques, ils ont montré des taux très bas de diffusion : 0,01 mg/o2/l/m pour l’aggloméré, 0,02 pour le Twin Top et 0,10 pour le Neutrocork.

Une diffusion d’oxygène importante le premier mois

"Ces données suggèrent que le matériau et le procédé de fabrication des bouchons peuvent être à l’origine des différents taux de diffusion d’oxygène obtenus après le premier mois de stockage", soulignent les chercheurs. Durant le premier mois de stockage, la majorité des bouchons ont présenté des taux de transmission compris entre 2 et 4 mg/o2/l/m, à l’exception du Neutrocork (1,4) et du Supremecorq (plus de 4). Pour les auteurs de l’étude, "il est possible qu’au début l’oxygène à l’intérieur du bouchon se diffuse en-dehors du bouchon dans la bouteille, ce qui pourrait expliquer le taux élevé de transmission pendant le premier mois pour la plupart des bouchons testés. Ensuite nous avons observé une diffusion lente probablement liée à la diffusion de l’oxygène atmosphérique à travers le bouchon. Ce phénomène sera certainement influencé par les caractéristiques du matériau du bouchon".

Adapter le bouchon au type de vin

La variabilité des taux de transmission d’oxygène à travers les différents types de bouchons, mise en évidence par les chercheurs bordelais, montre encore si besoin en était l’importance cruciale du choix du bouchon. Le mécanisme exact de la diffusion d’oxygène à l’intérieur de la bouteille reste cependant méconnu, admettent les auteurs. Ces derniers, qui ont utilisé pour l’étude des bouteilles remplies d’une solution d’eau purifiée et d’un réactif coloré (carmin d’indigo), étudient actuellement le vieillissement "réel" de vins rouges et blancs bouchés avec différents obturateurs (bouchons naturels, synthétiques et capsules). Objectifs : étudier simultanément l’influence de microquantités d’oxygène durant le vieillissement en bouteille et le développement des propriétés organoleptiques du vin et à terme, adapter l'obturateur au type de vin.

 


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