Accueil / / La spécificité de l’agrément des vins remise en cause ?

Réforme de l’Inao
La spécificité de l’agrément des vins remise en cause ?

Par Ligérienne de Presse Le 02 janvier 2006
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
La spécificité de l’agrément des vins remise en cause ?
L
’Inao a présenté un projet de réforme de l’agrément, alors même que l’Institut des appellations d’origine s’apprête lui-même à subir une réforme prévue dans le cadre de la Loi d’orientation agricole, avec notamment la création d’un conseil "agrément et contrôles". Les professionnels craignent d’être dépossédés de leurs prérogatives en la matière, mais le ministre de l’Agriculture se veut rassurant.

Le 20 décembre, la plupart des vignerons et négociants participant à la commission ont décidé de boycotter la réunion pour protester contre la future création, dans le cadre de la réforme de l’Inao, d’un "conseil agrément et contrôles". Définitivement adoptée par le Parlement le 22 décembre, la loi d’orientation agricole prévoit que l’Inao devienne l’Institut national de l’origine et de la qualité et comprenne cinq comités : un comité vins, un comité national des appellations laitières et agroalimentaires, un comité national des indications géographiques protégées, labels et spécialités traditionnelles, un comité national de l'agriculture biologique, et donc un conseil agréments et contrôles, chargé uniquement du contrôle des vins comme des autres productions.

La commission agrément de l’Inao boycottée


Ce conseil regroupera des professionnels de la filière viticole mais également des représentants des organismes de labels ou de l’agriculture biologique, où le contrôle s’exerce par le biais d’organismes certificateurs privés. Or, les membres de l’actuelle commission agrément des vins craignent d’être dépossédés de leurs prérogatives en la matière, si les AOC se voient imposer le contrôle par organismes privés. Aux côtés des représentants des labels et de l’Agriculture bio, déjà favorables à ce type de contrôle, figureront aussi dans le futur comité "agréments et contrôles" les professionnels des AOC fromagères, dont certains se disent prêts à accepter le contrôle par organismes tiers. La filière vin pourrait ainsi se trouver en minorité. Pour Gérard Boesch, président de la commission agrément, "il est essentiel de maintenir la spécificité des organismes de contrôle gérés par les professionnels, car il en va du respect de la diversité au sein de notre production. Si la filière se voit imposer les organismes certificateurs, nous allons vers la standardisation et la banalisation de nos appellations."

Les membres de l’actuelle commission agrément de l’Inao sont d’autant plus mécontents qu’ils ont élaboré voici quelques mois une réforme de l’agrément visant à assurer au consommateur des vins AOC de meilleure typicité mais aussi de meilleure qualité, en validant l’ensemble du processus d’élaboration du vin jusqu’à la commercialisation, avec un cahier des charges à la vigne, au chai et pour la mise en bouteille, un contrôle aléatoire sur le vin en vrac, un contrôle aléatoire lors de la mise en bouteille et un suivi après conditionnement, auquel s’ajoute le suivi aval qualité qui existe déjà. La commission de l’Inao plaide également pour une "sélection draconienne des dégustateurs qui devront rendre un avis technique sur le produit et non pas décider de son sort".

Les comités nationaux garderaient leurs prérogatives

Mais à quoi servirait-il d’élaborer une réforme de l’agrément si ce dernier en vient à échapper aux professionnels ? Pour le ministère de l’Agriculture, le conseil "agréments et contrôles" vise "à donner l’image de l’indépendance de la fonction ‘contrôles’ vis-à-vis de la dimension ‘détermination des conditions de productions’. Mais il ne s’agit pas de mettre en place un ‘conseil des contrôleurs’. Cette structure d’appui vise à conforter l’implication des professionnels". La Loi d’orientation agricole a été définitivement adoptée le 22 décembre par le vote du Sénat. Auparavant, Dominique Bussereau avait tenu à se montrer rassurant : "il a affirmé que la définition des modes de production et de contrôles resteraient dans les prérogatives des comités nationaux et donc des professionnels", indique Pascal Bobillier-Monnot, directeur de la Cnaoc.

Aux termes de la loi, le gouvernement décidera par ordonnance des dispositions nécessaires pour compléter, adapter et renforcer les dispositifs de contrôles et de sanctions. "Les parlementaires seront associés à la rédaction des ordonnances. Nous veillerons à ce que le gouvernement respecte ses engagements", assure Pascal Bobillier-Monnot. La mis en place du nouvel Inao est prévue pour 2007.


Partage Twitter facebook linkedin
CONTENUS PARTENAIRES
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé