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Produits phytosanitaires
Comment choisir ses équipements de protection individuelle?

Par Bénédicte Normand Le 04 novembre 2005
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Comment choisir ses équipements de protection individuelle?
L
e port d’équipements de protection individuelle fait partie des mesures de sécurité pour limiter les risques de contamination lors de l’utilisation de produits phytosanitaires. Quels sont les équipements qui existent ? Comment choisir une protection adaptée ? Fabrice Masson, conseiller en prévention des risques professionnels à la Msa de la Somme, propose ses conseils.


Fabrice Masson (© Terre-net)

 
L
es équipements de protection individuelle sont destinés à protéger les voies de pénétration dans l'organisme des produits phytosanitaires. Il ne faut pas oublier que se protéger est une obligation réglementaire.

La protection respiratoire

La protection des voies respiratoires est primordiale. En effet, les poumons ont une grande capacité d’absorption  des produits toxiques et favorisent une diffusion rapide de ces substances dans le sang. Il existe plusieurs types d’appareils de protection respiratoire :

Les appareils à ventilation libre. L’utilisateur, en respirant, inspire l’air à travers des filtres. Les demi-masques et masques panoramiques appartiennent à cette catégorie. 
Les appareils à ventilation assistée. Un moteur assure le passage de l’air à travers les filtres. Ces types d'appareils peuvent être sous forme de cagoule ou de casque. Ils couvrent l'ensemble de la tête et parfois les épaules.

Si le port du masque est important, son stockage l'est tout autant : « Dans certains cas, le masque est bien utilisé mais stocké dans le local phyto. Il perd alors toute son efficacité en provoquant une saturation du charbon actif contenu dans le filtre. De même pour le masque à poussière, s'il est stocké dans une salle, il s'humidife avec l'air ambiant et se colmate dès qu'il est en contact avec de la poussière. » Pour éviter ces problèmes, Fabrice Masson propose de stocker son masque respiratoire hors du local phyto, dans une boîte en plastique hermétique. 

 Types de protection

Avantages

 Inconvénients

Demi-masque à ventilation libre

(© Terre-net)

Légèreté Facilité d'utilisation  Pas de protection des yeux et de la tête Etanchéité limitée en cas de port de la barbe ou de la moustache. Risque d'irritation

Masque complet à ventilation libre

(© Terre-net)

Protège tout le visage
Bonne étanchéité
Bonne visibilité
Risque de buée
Reflet sur la visière
Risque d'irritation
Difficile à mettre
Etanchéité limitée en cas de port de la barbe ou de la moustache

Appareil à ventilation assistée

Protège intégralement la tête voire le cou et les épaules Volume d'air renouvelé important Pas de buée Confort respiratoire Batterie à recharger régulièrement Chaleur Bruit (suivant modèle) Champ visuel (suivant modèle) Coût

Les  types de masques recommandés lors de l'utilisation des produits phytosanitaires sont des masques A2P3. La lettre A désigne un filtre antigaz au charbon actif. La lettre P est utilisée pour un filtre à particules. Le chiffre représente le niveau de protection. 

La protection corporelle

 

Niveau de protection

Sur l'étiquette du vêtement se trouve le type. Plus le chiffre est petit et plus le vêtement protège.

 

« Choisissez une combinaison à la bonne taille. Une combinaison trop petite gêne les mouvements et on augmente les risques d'accroc ou de déchirure avec une combinaison trop grande. »

 
Combinaison jetable (© Terre-net)

Tout utilisateur de produits phytosanitaires doit porter un vêtement de protection réservé à cet usage. On trouve sur le marché des combinaisons type « bleu de travail », des vêtements imperméables comme les cirés ou des vêtements de protection spécifiques. Selon la réglementation européenne, seuls les vêtements de protection spécifiques de catégorie III sont efficaces contre les produits chimiques. Ce type d’équipement peut-être étanche et lavable ou jetable, cependant il existe peu de vêtements étanches et lavables répondant à la catégorie III. Le vêtement doit comporter une étiquette avec le marquage CE et le numéro du laboratoire. « Il est conseillé d'avoir un vestiaire spécifique afin de ne pas contaminer les habits propres avec les vêtements utilisés lors des traitements ».

La protection des yeux

En cas de port d’un demi masque, il est nécessaire d’y adjoindre des lunettes-masques. Elles doivent être conformes aux normes EN 166 et 168. Il convient de choisir des lunettes-masques de protection étanches, anti-buée avec des oculaires en résine polymérisée ou en acétate. Les lunettes masques doivent pouvoir se superposer à des lunettes de vue et être compatibles avec le port d’un demi-masque.

 


Lunettes-masque (© Terre-net)

« Lors des manipulations de produits, prévoyez un rince-oeil à usage unique en cas de projection accidentelle. »

La protection des mains

Les gants sont essentiels dès la préparation de la bouillie et surtout lors d’interventions sur le pulvérisateur, en cours de traitement. Il est recommandé de choisir des gants en néoprène ou en nitrile.


Choisir des gants en nitrile ou néoprène (© Terre-net)

Les gants doivent répondre à la norme EN 374, qui comporte les deux pictogrammes suivants :


Risques microbiologiques


Risques chimiques

Pour que la protection soit efficace, il faut se laver les mains avant de mettre les gants et couvrir les gants avec les manches de la combinaison. A la fin des opérations, il est recommandé de se laver les mains gantées et de retirer les gants en tirant sur les bords retournés afin que l’intérieur puisse sécher. Il ne faut pas oublier de changer tout gant qui serait perforé.

La protection des pieds

Les bottes utilisées lors des traitements phytosanitaires doivent répondre aux normes CE EN 345, 346, 347 et comporter un marquage S5 ou P5.
Il faut recouvrir les bottes avec le bas de la combinaison.

 La protection : le point sur la réglementation

L’employeur doit veiller à ce que ses salariés portent des équipements de protection adaptés lorsque l’étiquetage des produits le prévoit (Décret n°87-361 du 27 mai 1987), notamment lors des opérations de préparation des bouillies, des mélanges et lors des opérations d’application des produits. C’est à l’employeur de fournir et de renouveler le matériel et les équipements de protection. Le chef d’entreprise est également tenu d’informer ses salariés des risques contre lesquels l’équipement de protection le protège, des conditions d’utilisation de l’équipement et des usages auxquels il est réservé, des instructions ou consigne sur les EPI et de leurs conditions de mise à disposition. (Code du travail, article R 233.43)

Chaque salarié doit prendre soin de sa sécurité et de sa santé, ainsi que de celles des autres personnes concernées du fait de ses actes ou de ses omissions de travail. (Code du travail, article L 230.3)


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