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Le marché des vignes en recul avec la crise

Par Ingrid Proust Le 22 juin 2005
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Le marché des vignes en recul avec la crise
S
elon la fédération nationale des Safer, le prix moyen de la vigne AOC a baissé de 1,5% en 2004 et l’activité du marché foncier viticole s’est ralentie. La valeur globale des transactions a toutefois progressé avec la hausse de la valeur des bâtiments viticoles. Malgré la crise, les domaines présentant un beau bâti séduisent, notamment des urbains ou des étrangers.

La période difficile qu’affronte actuellement la viticulture française a aussi et c’est logique des répercussions sur le foncier viticole. Le prix moyen de la vigne AOC a baissé en 2004 de 1,5%, s’établissant à 85 600 euro/ha contre 86 900 euro/ha en 2003, selon la fédération nationale des Safer, qui souligne qu’il s’agit de “la première fois depuis 1993 que l’on enregistre au plan national une baisse du prix moyen des vignes, suite à la baisse des revenus viticoles initiée en 2001”. Le prix des vignes AOC avait poursuivi en 2003 sa hausse entamée en 1994 en augmentant de 4 % entre 2002 et 2003. Un mouvement de hausse favorisé par l’évolution de la valeur ajoutée à l’hectare, la baisse des taux d’intérêts réels et celle des droits de mutation à partir de 1999.

Aujourd’hui la situation a bien changé et le repli affecte également les vignes non AOC, dont le prix moyen a diminué de 1,6 %, alors qu’elles avaient bondi de 12,3% en 2003. L’hectare de vigne non AOC s’est établi en moyenne en 2004 à 12 600 euros en 2004 contre 12 800 euros en 2003. Le recul concerne à la fois les vignes vin de pays (-1,9%), vin de table (-0,8%) et vins de qualité supérieure (-1,3%). Tous types de vignes confondues, 14 800 hectares ont été vendus en 2004 en 10 500 transactions, contre 16 200 hectares pour 11 700 transactions en 2003. L’activité du marché s’est donc ralentie l’année dernière, le nombre de notifications a baissé de 10% et celui des surfaces vendues de 8,3%.

Pour autant, le tableau brossé par la Fnsafer n’est pas entièrement sombre puisqu’il met aussi en évidence une hausse de 4,2% de la valeur globale des transactions. La raison ? Une hausse de la valeur des bâtiments viticoles, “qui fait plus que compenser la baisse des prix de la vigne”, note la fédération. La présence d’un bâti de qualité sur un domaine fait souvent la différence et permet de limiter la baisse de prix, selon Michel Veyrier, créateur de Vinea transaction, un réseau d’agences immobilières spécialisées dans la transaction de domaines : “au niveau national, le tassement des prix est en moyenne de 10 à 15%, mais il peut varier de 0 à 30% selon notamment la présence ou non de valeurs immobilières dans le bien. S’il s’agit seulement de vignes, on peut arriver à une baisse de 30%. Mais avec un bâti de valeur, le domaine excite plus les convoitises d’une clientèle souvent composée de nouveaux venus en viticulture, des étrangers ou des urbains en fin de carrière, qui veulent changer de vie et recherchent un vignoble avec un environnement de qualité.”

La Provence et la Champagne épargnées

S’il existe moins de demandes pour les grosses propriétés selon ce professionnel, le nombre de transactions reste stable et le marché actif, grâce notamment à ces acheteurs non issus de la viticulture qui se lancent dans l’agro-tourisme ou qui, dans le sud, acquièrent des domaines comprenant une oliveraie et donc une autre source de profits. Parmi les vignobles français, la Provence viticole tire d’ailleurs son épingle du jeu (+1,4% entre 2003 et 2004 selon la FNSafer) en raison de la bonne santé du marché du rosé. Avec la Champagne (+1,6%), elle est le seul vignoble en hausse en 2004. “Hors la Champagne, les micro-appellations, les grands crus, la tendance est à la baisse dans toutes les régions, confirme Michel Veyrier. En Languedoc-Roussillon, un hectare à 30 000 euros est aujourd’hui à 25 000. Même le Médoc, Saint-Emilion, les Graves sont touchés. Sauternes aussi est très tendu.” Le prix moyen de l’hectare bordelais a reculé en 2004 de 4,8% et est en baisse pour la deuxième année consécutive, selon la FNSafer. Mais la chute des prix affecte surtout les appellations moins prestigieuses et les appellations génériques. L’Alsace (-4,8%) et la vallée du Rhône (-6%) ont aussi connu en 2004 une baisse significative, tandis que la Bourgogne résiste mieux, à l’instar des vignobles du Val de Loire et du Centre.


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