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Comment les amateurs perçoivent-ils le vin ?

Par Viti-net Le 09 juin 2005
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Comment les amateurs perçoivent-ils le vin ?
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lément de fête à New-York, vecteur de communication au Japon, "Wine moment" à Londres, rituel à Paris : l'amateur de vin lui demande de coller à son quotidien. Et partout le vin évoque la tradition et la fête ! Et si le vin était un pays ? ... ce serait la France !

 Afin de mieux comprendre ce que représente le vin pour un consommateur peu expert, sans éducation oenologique particulière, mais curieux et amateur malgré tout, une étude* a été menée dans cinq capitales : Paris, Londres, New-York, Francfort et Tokyo.
Le but de la démarche était d’écouter ces consommateurs, d’analyser leur imaginaire, de comprendre leurs émotions et leurs sentiments, un verre de vin à la main, de cerner la place du vin dans leur quotidien.

Des représentations contrastées ...

L’actualité, le mode de vie, l’environnement, influent sur les consommateurs et sont les principales raisons aux opinions contrastées révélées par cette étude.

Ainsi le New-yorkais de l’après 11 septembre fait une claire distinction entre ses peurs et son pessimisme sur le monde en général et son optimisme personnel.
Pour lui, le vin participe d’un rituel de reconnections avec soi et les autres : le vin est de rigueur pour oublier les événements récents, il a le devoir de susciter la fête.
A Frankfort, les grandes ambitions économiques ont piqué du nez. Il est urgent de calmer le jeu, de réintégrer le cocon protecteur, de recréer de l’intimité. Dans ce contexte, le vin sert à l’écoute et à la communication.
Dans la capitale du Japon, le quotidien est normé, exigeant, éclaté, prégnant, quantitatif. « Faire une rupture avec le quotidien », « pénétrer un monde de rêve, un monde idéal », « se rapprocher de la culture occidentale » sont des aspirations que le Tokyoïte projette sur sa représentation du vin dont la consommation s’est accrue ces dernières années.
Le Londonien, bon gré mal gré en voie d’européanisation, a les conditions de travail sans doute les plus calamiteuses d’Europe (sans parler de sa météo). Le verre de vin marque une frontière radicale et attendue : la ligne de démarcation
entre sa vie professionnelle « dingue » et sa vie personnelle. A la recherche d’une prospérité physique et spirituelle, le londonien conçoit son « Wine moment » comme un moment magique.
Grognon, fatigué, le Parisien cherche des valeurs réconfortantes dans des rituels de consommation qu’il vit comme un lien avec une histoire authentique, une source de civilisation, une sensualité à la fois consolante et stimulante.
Pour le consommateur, le vin est un don, un partage, l’occasion d’un échange ; il donne une âme au moment.

... mais des dénominateurs communs

Créateur de paix, le vin est un ralentisseur du monde moderne
La découverte est que le vin leur permet une expérience inattendue : participer à un ralentissement du monde moderne, stressé, conflictuel, terrifiant.
Le vin évoque, la tradition, le vieillissement, la lenteur autant de valeurs qui sont opposées au dynamisme des start-ups. A Londres comme à Frankfort, le vin autorise à « prendre son temps » à se rendre compte des détails.
A New York, « on peut regarder le monde passer à une terrasse de café », on se fait plus observateur.

Créateur d’aspiration, le vin participe de l’ascension sociale
Le vin aspire vers le haut : il est une aventure de l’esprit, une quête émotionnelle. A Londres, consommer du vin c’est « une façon d’être européen », à Paris,
« cela donne envie de progresser » tandis qu’à Tokyo, c’est un moyen « d’accès à la culture occidentale ».

Créateur de fête, le vin est un lubrifiant social
Le vin est au coeur de la relation à l’autre. Il apporte à chaque moment un air de fête : il crée une relation très particulière, souvent joyeuse et ludique avec une dimension de respect, de reconnaissance partagée et d’excitation. A Paris comme à New York, le vin participe de toutes les conversations.
Il symbolise l’idée d’être ensemble à Frankfort, de se retrouver autour d’un dîner à deux ou entre amis à Londres et à Tokyo. A Paris, le vin sublime une soirée comme nulle autre boisson.

Et si il était un pays ... le vin serait la France !

La France reste le pays des origines du vin dans tous les pays testés. Et ce n’est pas tant le goût qui lui donne cette légitimité mais « l’esprit » français, la « culture » et les souvenirs de « vacances vécues ou rêvées ».
« Peut-être le vin français est-il plus mystérieux donc meilleur ?» , s’interroge le New Yorkais.
Et pourtant, même si la France est citée en premier dans les 5 villes, elle semble menacée et rattrapée par ses pays concurrents. L’Italie est également citée par l’Allemagne, la France, le Japon et les Etats-Unis.
Le Chili, l’Australie et la Californie semblent avoir gagné le coeur des Allemands, des Japonais, des Anglais et des Américains.
Pour les Londoniens, les vins du Nouveau Monde se montrent en effet plus inventifs et plus malins.

*NB : Etude menée par le Cabinet Gatard & Associés, à l'occasion du Vinexpo, au cours de l'hiver 2004-2005

 

 

 

 

 

 


 


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