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Oenotourisme
Une autre façon de parler du vin

Par Ligérienne de Presse Le 12 novembre 2004
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Une autre façon de parler du vin
L
e tourisme vigneron ou œnotourisme prend son essor en France. Après l'Alsace, pionnière en la matière, d'autres régions viticoles s'ouvrent aux touristes afin de leur faire découvrir le vin et les terroirs en relation directe avec les vignerons. De quoi donner une autre image du vin pour mieux le vendre.

Mieux promouvoir l'image du vin ne passe pas obligatoirement par la publicité. Il existe une autre façon, plus directe, de communiquer autour du vin : faire découvrir son exploitation et ses vins à des touristes. Une idée simple, développée avec succès dans des pays du Nouveau Monde, mais qui en France pourrait être encore plus développée qu'elle ne l'est actuellement.

Alors qu'en Afrique du Sud ou en Argentine, la découverte des vignobles est systématiquement proposée aux touristes, le tourisme viti-vinicole français n'a commencé que récemment à se développer, même si la visite des caves attire chaque année 7,5 millions de personnes, dont 2,5 millions de touristes étrangers... A l'heure où l'image du vin n'est guère reluisante et que les ventes sont en berne, le tourisme vigneron apparaît comme un moyen parmi d'autres de redresser la barre. Le premier salon d'œnotourisme en France vient de se tenir à Mâcon et a regroupé une cinquantaine d'exposants des régions viticoles françaises et de nombreux voyagistes étrangers. Aujourd'hui, bien des vignobles ont développé leurs propositions touristiques.

Avec sa route des vins inaugurée en 1953, l'Alsace fait figure de pionnière. Les professionnels viticoles alsaciens ont tiré partie de l'attrait des villages typiques sur les touristes pour mettre en avant les vignobles et les exploitations. “Les plus beaux villages sont sur la route des Vins et des vignerons jouent là-dessus en installant un point de vente au cœur même des centres historiques” indique-t-on au Comité interprofessionnel des vins d'Alsace. L'Alsace a également mis en place dans les vignobles des sentiers en macadam et des circuits pédagogiques faisant découvrir les métiers de la vigne ou les cépages. Des “sentiers gourmands” (avec dégustations), des séminaires de découverte des vins sont aussi proposés aux œnotouristes. Selon un rapport du Sénat de 2002, la vente directe assurerait en Alsace 23 % de la commercialisation totale du vin.

L'œnotourisme offre un premier débouché au viticulteur et lui permet de rencontrer les consommateurs, à qui il peut expliquer son métier et qu'il peut ensuite fidéliser. D'après le Comité régional du tourisme de Bourgogne, un touriste en Bourgogne dépense en moyenne 143 euros en achat de vins. Les achats des touristes dans cette région représentent un chiffre d'affaires à la propriété de 97 millions d'euros.

Les retombées financières favorisées par l'œnotourisme ont incité d'autres régions moins connues pour leurs vins à emboîter le pas à l'Alsace, la Bourgogne ou au Bordelais : Val de Loire, Languedoc... L'AOC Corbières a ainsi déposé en 2001 avec l'AOC Minervois et Gîtes de France une marque, “Tourisme de terroir en Méditerranée”, qui commercialise des séjours touristiques. Le syndicat s'est lancé dans une démarche de développement d'un tourisme “identitaire”, associant le patrimoine, les paysages, les vignobles, la gastronomie. “Les Corbières sont une des régions les plus touristiques de France. Or en 1996, seulement 4 % des bouteilles d'AOC Corbières étaient vendues au caveau alors que c'est là que le vigneron fait le plus de plus-value, explique Judicaël Chasseuil, chargé du dossier au syndicat. Un circuit uniquement viticole n'intéresse que peu de touristes alors nous avons développé un tourisme de terroir. Nous fédérons aujourd'hui 300 prestataires, vignerons, gîtes, restaurants, tous liés par une charte qualité. Les vignerons doivent ainsi développer une thématique associée à leur cave : découverte du village, balade en calèche dans les vignobles, déjeuner terroir... Cela demande des efforts mais ils se sont rendus compte que cela leur amenait du monde et que cela faisait vivre le territoire. Le nombre de touristes est en hausse et les ventes d'AOC Corbières dans les restaurants partenaires ont progressé.”

Soutenue par l'Etat et l'Europe, l'association met en place une fédération française de tourisme de terroir : “notre démarche intéresse d'autres régions comme l'Alsace ou la Provence et nous projetons de travailler avec des régions d'Italie ou d'Espagne”, poursuit M. Chasseuil. L'œnotourisme semble donc avoir le vent en poupe.


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