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Phtalates dans les vins
Le laboratoire Excell donne l'alerte

Par J.C. Le 12 mai 2014
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Le laboratoire Excell donne l'alerte
S
elon une enquête du laboratoire d’analyse Excell, de nombreux vins et spiritueux contiennent des phtalates. Sur l'échantillon analysé, 11 % des vins et 19 % des spiritueux sont même jugés non conformes, car dépassant les quantités de Dbp tolérées par la réglementation.

Le laboratoire bordelais Excell a procédé à l’analyse d’une centaine de vins – blancs, rouges et rosés - issus de toutes les régions viticoles et provenant soit d'échantillons disponibles au laboratoire soit d'échantillons de vins approvisionnés en grande surface. La même opération a été conduite sur des spiritueux : une trentaine d’échantillons ont été analysés, provenant du sud-ouest de la France.

L’objectif étant de détecter la présence éventuelle de phtalates : "Dbp" (dibutyl phtalate), "Dehp" (diéthylexyl phtalate) et "Bbp" (butylbenzyl phtalate).

 compte tenu de leurs paramètres de migration, ce sont les revêtements de cuves en résine époxydiques qui représentent les sources majeures de pollution.  Compte tenu de leurs paramètres de migration, ce sont les revêtements de cuves en résine époxydiques qui représentent les sources majeures de pollution par la phtalates, selon le laboratoire Excell. (©JCassagnes)

Il ressort que dans huit produits sur dix (83 %) de l’échantillon, le laboratoire a détecté la présence de l'un ou l'autre des phtalates, à l'état de traces (19 %) ou en teneurs quantifiables, supérieures à la limite de détection. Une forte majorité (59 %) des vins contiennent des quantités significatives de Dbp (limite de quantification de 0,004 mg/kg) et 15 % des vins des teneurs quantifiables (> 0,010 mg/kg) de Dehp et de Bbp. 

Dans les spiritueux analysés, le Dbp (teneur médiane = 0,105 mg/kg) et le Dehp (médiane = 0,353 mg/kg) sont les molécules mesurées avec les plus fortes concentrations et la plus grande fréquence (90 % des cas). Du "DiBP" (Di-isobutyl phtalate) contamine parfois de façon excessive les vieilles eaux de vie. « Nous n'avons pas expertisé l'ensemble de la chaîne de production de ceux-ci, il nous est donc difficile de déterminer l'origine exacte de cette pollution » explique Stéphane Boutou, ingénieur génie analytique. « Cependant, nous avons retrouvé du DiBP dans certains vieux revêtements époxy ou cuves polyester », poursuit-il.

Concernant le Dbp, le laboratoire l'a parfois détecté dans des concentrations supérieures à la limite fixée par la réglementation européenne (règlement Cee 2011/10) : 11 % des échantillons analysés de vins et 19 % des spiritueux sont concernés. « Nous avons eu un échantillon qui dépassait de près de 10 fois cette limite pour un vin et quatre fois la limite pour un spiritueux », indique Stéphane Boutou.

Selon le laboratoire, les revêtements de cuves en résine époxydiques restent les principales sources de pollution des vins par les phtalates.


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