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« L’auberge espagnole » façon viticulture

Par Juliette Cassagnes Le 16 novembre 2010
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« L’auberge espagnole » façon viticulture
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n 2010, le programme Mowine* de la Confédération européenne des vignerons indépendants a permis à quatre jeunes vignerons européens d’effectuer un stage dans un domaine viticole à l’étranger. Chacun de ces placements a été un succès, tant pour le jeune vigneron que pour son entreprise d’accueil. Recueil des témoignages de trois d’entre eux : Sylvaine, qui a accueilli en stage João, jeune portugais qui souhaite s’installer, Tamas, jeune vigneron hongrois déjà parti en Sancerre et qui accueille actuellement Flavien de Champagne.
Les Vignobles Fournier (Château de Bonhoste en Aoc Bordeaux et Château la Moulière en Aoc Bergerac), accueillent actuellement João, jeune futur vigneron portugais de 26 ans avec son master de viticulture en poche.

Arrivé en Gironde fin août pour les vendanges, il est reparti fin novembre. Si la famille Fournier a décidé de postuler pour recevoir un stagiaire étranger chez elle, « c’est pour que de jeunes vignerons étrangers benéficient d’une structure d’accueil intéressante », précise Sylvaine, jeune fille elle-même récemment installée sur le domaine parental.

Ce qui motive la famille : les aspects « culture et échanges », apportés par l’expérience. « Nous avons, moi-même et mon frère, effectué nos stages à l’étranger, et cela nous a beaucoup plu, raconte-t-elle. Nous avions déjà accueilli plusieurs fois des jeunes viticulteurs étrangers sur le domaine ; nous avons donc été sensibles à la lettre envoyée par la Cevi qui nous présentait le projet "Mowine"».

« Nous avons eu de très bons échanges »


Joao, jeune futur vigneron portugais de 26 ans avec son master de viticulture en poche, est arrivé en Gironde fin août pour les vendanges, et est reparti fin novembre, plein de souvenirs et de nouvelles connaissances.  (© D.R.)

Pour les Fournier, le stage de João a été très positif : « Cela s'est très bien passé, au niveau du travail comme de l’entente, témoigne Sylvaine. Au début, il avait un peu de mal avec le français, mais très vite cela s'est amélioré. Concernant le travail, il a acquis de plus en plus d’autonomie…Mais il connaît pas mal de choses, car il a déjà de l’expérience. Après le travail, on sortait avec lui le soir, on l’emmenait voir des amis… C’est important pour lui qu’il n’y ait pas que le côté travail et qu'il puisse voir autre chose, sortir, découvrir la région. Le fait que nous ayons le même âge est pour cela essentiel. Nous avons eu de très bons échanges ».

Une fois les vendanges terminées, João a décidé de poursuivre l’aventure en France et d’aller prospecter d’autres vignobles.

Le donnant-donnant

Tamas, lui, est hongrois. Jeune vigneron récemment installé sur l’exploitation de ses parents, il voulait effectuer un stage en France pour perfectionner ses connaissances : « J’ai effectué un stage de deux mois dans le vignoble de Sancerre, explique dans un français un peu hésitant le jeune hongrois, car je voulais mieux connaître la culture du Sauvignon et du Pinot noir, deux cépages qui sont cultivés chez moi ». Le bilan est plus que satisfaisant : « Ce stage a été très agréable, très intéressant. Il m’a beaucoup apporté pour pouvoir développer mon vignoble. La famille hôte a été très gentille et l’accueil très sympa ! ».


Pour Flavien, champenois, et Tamas, vigneron hongrois, qui ont travaillé ensemble pendant
deux mois, ce sont les échanges culturels et professionnels qui comptent. (© D.R.)

Tellement satisfaisant que Tamas a décidé, à son tour, d’accueillir chez lui en Hongrie un jeune français, Flavien, jeune salarié sur l’exploitation de ses parents en Champagne. Les deux compères ont bien sympathisé : « Les premiers jours, raconte Flavien. Nous avons terminé les vendanges, fait des soutirages, des suivis de fermentation ainsi que des mises en tonneau. Ensuite, nous avons travaillé au rétablissement du vignoble ». La durée totale de son stage ? : « Je suis parti pour une durée de deux mois, mais renouvelable ! ». Ce jeune vigneron champenois, tout juste sorti du lycée viticole d’Avize, avait envie de « partir » avant de s’installer. Pourquoi la Hongrie ? « Car ce pays m’attirait depuis de nombreuses années », répond-il, simplement.

Que du positif donc, ou presque. Les démarches à effectuer en amont semblent en effet lourdes, du fait du recours aux aides européennes Erasmus et du démarrage très récent du programme : « J’ai entendu parler du programme Mowine par le magazine des Vignerons indépendants. Ensuite, j’ai fait les démarches auprès de la Cevi et de l’organisme intermédiaire, mais l’inscription a été très difficile, témoigne Flavien. Je suis passé d’un organisme à l’autre, il m’a fallu beaucoup de papiers administratifs et de coups de fil pour y arriver ». Pour Sylvaine, « hormis le côté administratif, très complexe, tout s'est passe très bien !». Beaucoup de démarches donc à effectuer, mais qui restent surmontables si l’on est motivé, d’autant que le jeu semble en valoir la chandelle.

A lire aussi, déjà paru : Formation - « Mowine », pour vivre l’expérience de l’international


* « Mowine », pour « Moving Winegrowers », est un programme d’échanges proposé par la Confédération européenne des vignerons indépendants (Cevi) depuis début 2010, qui s’appuie sur le programme européen « Erasmus jeunes entrepreneurs ». Pour en savoir plus, consultez le site internet de la Cevi : www.cevi-eciw.eu
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