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Vin de France
« Cépage, marque et France », le trio gagnant pour regagner des parts de marché à l’export

Par Juliette Cassagnes Le 25 juin 2010
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« Cépage, marque et France », le trio gagnant pour regagner des parts de marché à l’export
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xit les vins de table, place aux vins de cépages de France. Les metteurs en marché, avec en tête de cortège les négociants, ont depuis le 1er août 2009 la possibilité, de commercialiser des vins sans indication géographique régionale, baptisés « Vins de France ». Avec cette nouvelle catégorie, les opérateurs français fondent beaucoup d’espoir de concurrencer les vins du « nouveau monde » sur la catégorie des vins de cépage et ainsi regagner des parts de marché à l’export.

« Avec cette nouvelle catégorie vin de France, plus de libertés d’assemblage de vins provenant de différentes régions, pour partir à la conquête du monde »…Telle est l’ambition affichée par l’Anivin de France (►voir encadré), l’interprofession en charge de cette nouvelle catégorie « vin de France », qui l'a lancé officiellement auprès de la presse mardi 22 juin 2010. Ce segment a en effet été créé suite à la réforme de l’Ocm vitivinicole de 2008, en donnant naissance à une nouvelle segmentation des vins. Deux grandes catégories de vins sont nées, celle des vins « avec indication géographique » (Aop et Igp) et la seconde, celle des vins « sans indication géographique » régionale. La mention « vin de France » est réservée à cette deuxième catégorie.

Exemples d'étiquettes de vins de cépage de France, celles des négociants Badet Clément, Bottle green et d’Uccoar - Il peut être affiché le cépage et/ou le millésime; dans ce cas, une habilitation est nécessaire pour le metteur en marché, délivrée par FranceAgriMer. La mention « Vin de France » est obligatoire.
Sur ce nouveau segment, les opérateurs ont désormais la liberté d’assemblage de différents cépages, provenant de différentes régions viticoles françaises. L’idée étant de pouvoir proposer à l’export et notamment en Europe - marchés anglo-saxons et scandinaves - dans des volumes suffisamment conséquents, des vins de cépages – ou d’assemblage - très « marketés », constants d’un point de vue qualitatif et produits avec peu de contraintes techniques, le segment de prix visé étant principalement situé entre 3€ et 5€. En ligne de mire, les vins de cépages du nouveau monde - Australie, Nouvelle-Zélande, Chili, Argentine, Californie - le cépage constituant selon eux un « référent incontournable » sur le marché international.

« Le chaînon manquant »


De gauche à droite: Christophe Rochet, de chez Badet Clément, Bertrand Praz, des Grands Chais de France, René Moréno, président de l'Anivin de France et Nicolas Sinoquet de l'Anivin. Ils entourent le nouveau visuel choisi pour la mention « vin de France »: une bouche rouge vermillon et un verre subliminal, pour relayer l'image "glamour, plaisir, du french kiss ou encore de la séduction..."(© JC) Avec cette nouvelle mention, « la filière française possède les outils pour se battre à armes égales avec les vins du nouveau monde », estiment les professionnels et pourra ainsi regagner les parts de marché perdues : « C’est peut-être le segment de marché où il y a le plus de possibilités en terme de gain de parts de marché sur un certain nombre de pays », a indiqué René Moréno, président de l'Anivin. Premier « signal fort que la demande existe, a précisé Bruno Kessler, de l’Agev*, l’appel d’offre récemment lancé par le monopole d’Etat suédois sur des vins sans IG. Nous fondons beaucoup d'espoirs sur cette nouvelle catégorie de vin ». Pour le moment axés sur l'export, les négociants comptent bien également investir le marché français. Les metteurs en marché misent donc tout sur « la marque, le cépage et l’origine « France » dans la mention « vin de France » », qui constituent selon eux le « trio gagnant » pour « contrer les vins du Nouveau monde ».

Après six mois de campagne, plus de 1.000 metteurs en marché ont demandé l’habilitation auprès de FranceAgriMer, procédure qui donne le droit d’apposer le cépage ou le millésime sur l’étiquette. Castel, les Grands Chais de France, Uccoar, JeanJean, Badet Clément, font entre-autres partie de ceux-là…Mais les volumes vendus en "vin de cépage de France" restent encore très anecdotiques et insuffisants pour mesurer de réels résultats depuis le lancement de cette nouvelle catégorie. A fin mai 2010, 97.000 hectolitres de vins de cépage rouges sans IG - soit 7% du total des volumes vins sans IG - et 128.600 hl de vins blancs de cépage sans IG - soit 16% du total des vins sans IG blancs- étaient vendus. L’Anivin de France est confiante, puisqu’elle vise pour fin 2012 – d’ici trois ans – une commercialisation de130 millions de bouteilles (1 million d’hectolitres) de ces nouveaux « vins de cépage de France ». Rendez-vous est pris dans trois ans pour le bilan.

L’Anivin de France, interprofession qui gère les vins de France, est administrée par quatre organisations constitutives : l’Agev*, la Cfvdp*, les Vif*, et la Ccvf*.

Sa mission est de promouvoir la nouvelle mention « vin de France », aider au développement des marchés de commercialisation, d’assurer le dialogue entre les producteurs et les metteurs en marché et d’améliorer la lisibilité et la régulation des marchés

Sont membres du bureau :
- Président : René Moréno, représentant la production
- Vice-Président : Noël Bougrier (négoce)
- Secrétaire général : Michel Issaly (président Vif)
- Secrétaire général adjoint : Bruno Kessler (vice-président Agev)
- Trésorier : Denis Verdier (Ccvf)
- Trésorier adjoint : Jean-Claude Frappier (négoce)


*Agev : Association générale des entreprises vinicoles Cfvdp : Confédération française des vins de pays Vif : Vignerons indépendants de France Ccvf : Confédération des coopératives vinicoles de France
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