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Baisse des ventes de produits phytosanitaires
Les premiers effets d'Ecophyto 2018 ?

Par Juliette Cassagnes Le 22 juin 2010
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Les premiers effets d'Ecophyto 2018 ?
M
étéorologie, crises agricole et viticole, difficultés de trésorerie, mais aussi plus de raisonnement de la protection phytosanitaire par les agriculteurs... Ce cumul de facteurs a entraîné une chute de 20 % des tonnages de matières actives vendus par l'industrie phytopharmaceutique en 2009. Pour l'année en cours, cette tendance se poursuit.

L’Uipp (Union des industries de la protection des plantes), le syndicat des sociétés phytopharmaceutiques françaises, présentait mardi 22 juin le bilan de l’activité pour l’année 2009. « Après deux campagnes où nous avons connu une croissance relativement forte, l’année 2009 marque le pas », a indiqué Jean-Charles Bocquet, directeur de l’Uipp, lors de la présentation des résultats à la presse.

Les industriels des produits phytosanitaires français ont en effet enregistré une chute des tonnages de substances actives vendus, d’environ 20 % pour l'année 2009. Ils sont passés de 78.600 tonnes en 2008 à 63.700 tonnes pour l’année 2009. Le chiffre d’affaires n’a par contre que faiblement diminué, avec 3 % de baisse par rapport à 2008 (2.017 millions d’euros pour l’année civile 2009 contre 2.079 millions  pour 2008). Un écart entre baisse du volume et de la valeur lié, selon l'Uipp, à « un transfert de produits pondéreux vers des produits à dose unitaire plus faible à l’hectare mais plus valorisés à l’unité ».

Les produits de synthèse comme les produits naturels - cuivre et soufre - ont vu leurs ventes baisser. Les familles de produits sont touchées de façon disparate : le chiffre d’affaires sur l’année 2009 a plutôt progressé pour les insecticides, de 11,9 % après une forte baisse l’année précédente, liée à un faible parasitisme. Les ventes de fongicides sont restées plutôt stables, notamment sur la vigne et la pomme de terre. En baisse, les ventes d’herbicides, en particulier sur les céréales, qui ont chuté de 7,5 %. « Ce chiffre est particulièrement lié à la diminution du revenu des céréaliers et aux achats de précaution effectués les années précédentes qui n’ont pas été utilisés », analyse Jean-Charles Bocquet. Les ventes des produits « autres » - traitements de semences, régulateurs de croissance, antilimaces, etc – ont reculé de 7,6 %. 2010 dans la même lignée

Plusieurs raisons, d’ordre conjoncturel ou structurel, expliquent cette tendance selon l’Uipp : la première est liée à la climatologie de 2009, qui a globalement entraîné une pression parasitaire moins forte qu’en 2008. Cette diminution correspondrait également à une « baisse des utilisations par les agriculteurs grâce à une protection des cultures de plus en plus raisonnée ». Une autre raison, également conjoncturelle, serait liée aux stocks importants dont les distributeurs disposaient en fin de campagne 2008-2009, en particulier de fongicides vigne et grandes cultures et d’herbicides. Selon l’Uipp, la dégradation de la situation financière des agriculteurs est également à l’origine de cette baisse, pour quasiment l’ensemble des filières, entraînant « une recherche approfondie d’économies ». Des raisons structurelles sont aussi mises en cause : l’Uipp met en avant le contexte réglementaire, la crise des cultures pérennes et des grandes cultures ou encore le Grenelle de l’environnement qui a permis « de sensibiliser plus encore les agriculteurs à raisonner de plus en plus leurs traitements » avec notamment le développement des Oad (outils d’aides à la décision).

 
2006
2007
2008
2009
Tonnage des substances actives vendues par les adhérents de l'Uipp
71.600
77.300
78.600
63.700
Source: Uipp
Pour l’année 2010, la tendance à la baisse semble se poursuivre : « Les premières tendances du marché semblent indiquer une baisse de l’ordre de 20 % du chiffre d’affaires à fin mai 2010 par rapport à mai 2009, précise Jean-Charles Bocquet. La météo du début de l’année 2010 a été globalement froide mais pas si pluvieuse que cela, contrairement à ce que l'on pourrait penser. On a eu pour le moment assez peu de maladies. Même si l‘année n’est pas finie, il est probable que la situation ne se récupèrera pas ». Selon l'Uipp, d’autres facteurs, en plus de ceux identifiés en 2009, s’ajoutent cette année et accentuent « les conditions d’une baisse significative des ventes » des produits phytosanitaires sur la campagne en cours.
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