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Espagne
Le pays où le vin occupe de par la loi une place à part

Par Ligérienne de Presse Le 31 mars 2004
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Le pays où le vin occupe de par la loi une place à part
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epuis juillet 2003, le secteur vitivinicole espagnol est régi par un nouveau cadre juridique, la loi sur la vigne et le vin, qui prévoit notamment pour le vin un statut "d'aliment naturel". Une qualification qui le distingue légalement des alcools durs et qui autorise des campagnes de promotion de la culture de la vigne, du vin et de la consommation modérée de vin. A l'heure où en France le débat se poursuit autour de la communication sur le vin, nombreux sont ceux qui souhaitent que l'on s'inspire de la démarche espagnole.

Une grande loi sur la viticulture, permettant au vin de retrouver grâce aux yeux des consommateurs et de mieux se vendre sur les marchés étrangers. C'est ce que demandent actuellement nombre de professionnels et de parlementaires en France au moment où la filière vitivinicole vit des heures difficiles, entre baisse de la consommation, durcissement de la répression contre l'alcool au volant et concurrence des vins étrangers à l'export comme sur le marché intérieur.  Notre voisine l'Espagne, pays de forte tradition viticole comme la France, s'est pour sa part dotée d'une vaste loi sur la vigne et le vin, adoptée définitivement par le Parlement le 10 juillet 2003.

Communication positive

Cette loi générale, fruit d'une longue réflexion des professionnels du vin espagnols, s'est substituée à la législation antérieure datant de 1970 et a pour objectifs de mieux garantir la qualité de la production, de donner les moyens au secteur de s'adapter aux marchés et de soutenir la promotion du vin. Cette loi fait surtout parler d'elle en raison de l'une de ses dispositions, définissant le vin comme un "aliment naturel obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moût de raisin". Le vin, en tant qu'alcool de fermentation, est ainsi distingué des alcools de distillation, comme la tequila, le gin, la vodka ou encore le whisky.

Cette qualification du vin dans la nouvelle loi espagnole est loin d'être anodine : elle donne en effet la possibilité de promouvoir le vin, et de communiquer positivement autour de cette "boisson agricole", qui consommée modérément, ne constitue pas un facteur d'alcoolisme. Des campagnes d'information et de promotion de la vigne et des vins, financées par des fonds publics, sont désormais possibles en Espagne. Des campagnes qui, tout en présentant le vin comme un aliment bénéfique faisant partie du régime alimentaire méditerranéen, recommandent bien sûr une consommation modérée.

Loi "anti-botellon"

Avec cette loi, l'Espagne, confrontée comme la France à une baisse de la consommation de vin et au vieillissement des consommateurs réguliers, compte bien redresser sa consommation nationale et proposer à l'export des vins de meilleure qualité. Dès l'automne 2002, le gouvernement avait montré sa détermination à réagir avant que les parts de marché des vins espagnols à l'étranger ne soient trop attaquées.  "Nos véritables concurrents sont le Chili, l'Argentine, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande : pour lutter il faut que nous disposions des mêmes armes, c'est-à-dire d'une législation souple, plus moderne et agressive", soulignait ainsi Miguel Arias Canete, le ministre espagnol de l'Agriculture en novembre 2002.

Les professionnels vitivinicoles espagnols ne sont toutefois pas totalement satisfaits de la politique du gouvernement sortant en matière de vin. Car tout en élaborant une loi sur la vigne et le vin présentant le vin comme un aliment traditionnel et naturel, l'équipe de José Maria Aznar a fait voter en 2002 la loi "anti-botellon", interdisant de consommer de l'alcool dans la rue. Les botellon, littéralement grande bouteille, désignaient en Espagne des rassemblements très populaires de jeunes qui chaque week-end buvaient ensemble de nombreux verres d'alcool dans les rues et sur les places publiques et ce, jusqu'au bout de la nuit. Des réunions très arrosées qui laissaient derrière elles des monceaux de détritus quand elles ne donnaient pas aussi lieu à des rixes. La loi "anti-botellon" a été très critiquée par les professionnels du vin espagnols : l'une des boissons phares de ces beuveries étant le calimocho, un mélange de vin de table et de coca-cola… Les représentants de la filière vin souhaitaient en effet que dans cette loi surnommée loi sèche, comme dans la loi sur la vigne et le vin, le vin soit distingué des spiritueux.


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