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Santé
Le gouvernement a pour objectif de réduire de 20% la consommation d'alcool d'ici 2008

Par Ligérienne de Presse Le 26 mars 2004
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Le gouvernement a pour objectif de réduire de 20% la consommation d'alcool d'ici 2008
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lors que le gouvernement s'est déclaré favorable à des "aménagements" de la loi Evin en faveur de la promotion des vins, le projet de loi relatif à la politique de santé publique va bientôt arriver en discussion finale à l'Assemblée nationale. Or, ce texte prévoit notamment l'objectif de diminuer la consommation annuelle moyenne par habitant de 20% d'ici à 2008. Un objectif qui se traduira nécessairement par une modification structurelle de l'offre viticole française.

C'est aujourd'hui plus que probable, la loi Evin va faire l'objet de certains assouplissements quant à la communication sur les vins. Dans le même temps, et c'est une certitude, le gouvernement a l'objectif de réduire de façon nette la consommation d'alcool d'ici à 2008. Certains y voient une contradiction, d'autres n'hésitent pas à parler d'un double discours. Recevant les représentants de la filière viticole le 25 février à Matignon, Jean-Pierre Raffarin et Hervé Gaymard se sont montrés attentifs aux problèmes de la profession et se sont déclarés favorables à des "aménagements" de la loi Evin de façon à permettre la promotion collective des vins.

Un objectif écrit noir sur blanc mais passé inaperçu

Or, le gouvernement a présenté en juin dernier à l'Assemblée nationale un vaste projet de loi "relatif à la santé publique". Ce texte, examiné en deuxième lecture le 7 avril à l'Assemblée et bientôt définitivement adopté, comprend "100 objectifs de santé publique que la Nation vise à atteindre dans les cinq prochaines années". Et l'un de ces objectifs est très clair : "diminuer la consommation annuelle moyenne d'alcool par habitant de 20 % : passer de 10,7 litres par an et par habitant en 1999 à 8,5 litres par an et par habitant d'ici à 2008."

Un objectif écrit noir sur blanc et passé inaperçu jusqu'à présent, même si le journal Libération a révélé le 8 mars que la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) poursuivait ce même objectif dans son plan quinquennal 2003-2008. Ce texte prévoit "une accélération du rythme de décroissance de 50% pour la consommation de vin d'ici 2008". On peut aussi lire dans ce plan, qui n'a pas encore été officiellement rendu public, que "le seuil de dangerosité perçue est ramené à trois verres par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes". Pour cela, le plan estime qu'il faut "rétablir les mesures originales de la loi Evin concernant la publicité", et substituer dans les campagnes "la notion de consommation faible à celle de consommation modérée, notion floue qui laisse accepter des consommations excessives".

Un tel objectif de réduction de la consommation d'alcool laisse songeur. Comment réduire concrètement la consommation d'alcool de 20% en seulement quatre ans ? Cet effort sera-t-il également réparti entre les différents types de boissons alcoolisées ? Dans le cas du vin, cet objectif se traduira probablement par des modifications structurelles. Une perspective sur laquelle Jean Clavel, historien de la viticulture, producteur dans le Languedoc et président du syndicat des vignerons des Grés de Montpellier, n'a de cesse d'alerter ses confrères : "personne ne semble être au courant de cet objectif. Si vraiment telle est la volonté du gouvernement, plusieurs hypothèses peuvent être faites pour la traduction concrète de cet objectif.

Une réduction de la surface des vignobles

En premier lieu, la réduction de la surface des vignobles, comme cela a été fait par le passé, notamment en Languedoc-Roussillon, qui a ainsi perdu 150.000 hectares. J'ai calculé en fonction des rendements moyens la surface de vignoble que cette réduction de 20% représenterait : la surface concernée serait de 110.000 ha, soit plus du tiers de la surface actuelle du vignoble du Languedoc-Roussillon !" Pour Jean Clavel, il est inacceptable que le Languedoc-Roussillon soit "encore la variable d'ajustement du vignoble français". Le viticulteur lance donc "des idées pour préserver le potentiel viticole" : "il pourrait y avoir par exemple un accord national pour réduire la teneur des vins en alcool 'artificiel'. Aujourd'hui on n'a plus besoin d'une teneur importante d'alcool".

On peut la réduire par des méthodes de production raisonnée ou d'autres techniques. Je propose qu'un concours national soit ouvert pour rechercher les moyens de réduire le pourcentage d'alcool volumique des vins. On peut aussi se passer de la chaptalisation, mais beaucoup la considèrent comme un droit et ne voudront pas le lâcher." Mais Jean Clavel ne cache pas son pessimisme : "si des solutions alternatives ne sont pas trouvées à temps, ma crainte est que l'on en vienne à l'arrachage. Face à cela, il est nécessaire que la filière viticole propose une série d'actions." Aux professionnels donc de prendre la mesure de l'enjeu et d'imaginer des solutions.


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