Accueil / Commerce/Gestion / La confiance fait son retour parmi les viticulteurs américains

Etats-Unis
La confiance fait son retour parmi les viticulteurs américains

Par Ligérienne de Presse Le 26 février 2004
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
La confiance fait son retour parmi les viticulteurs américains
I
nquiets voici quelques mois par la surproduction et la baisse des marges, les professionnels du vin aux Etats-Unis redeviennent plus confiants : la récolte 2003 en baisse par rapport à l'année précédente et de bons résultats à l'export ont permis de réduire les stocks et d'assainir le marché. Une ombre au tableau toutefois : l'augmentation des importations de vins étrangers.

La viticulture américaine va-t-elle bientôt en finir avec la surproduction ? Les professionnels du vin aux Etats-Unis veulent y croire et s'appuient notamment sur le niveau de la récolte 2003, plus faible que les années précédentes. Ainsi, concernant la Californie (où se concentrent 80 % des vignobles américains), les dernières estimations du California Department of food and agriculture font état d'une récolte de raisins de cuve de 2,94 millions de tonnes, un chiffre en baisse de 5 % par rapport à 2002, où l'on avait vinifié 3,10 millions de tonnes.

Superficie viticole en hausse

Ce sont les cépages rouges qui ont le plus reculé : leur production a baissé de 10 % alors que celle des blancs a faiblement progressé de 1%. Pour les professionnels, cette baisse de la récolte en 2003 est due aux aléas climatiques de l'année et à l'arrachage de milliers d'hectares de vigne. Cette mesure, conjuguée à de moindres volumes mis en vente, ont déjà permis de réduire les surplus des producteurs américains et de rendre le marché plus équilibré.

La viticulture californienne était en effet atteinte par un réel problème de surproduction. Une étude de la banque Morgan Stanley prévoyait même qu'en 2005, les producteurs yankees pouvaient devoir faire face à des réserves correspondant à deux ans de stocks ! Cette situation de surproduction a été la conséquence logique du formidable essor des plantations de vignes aux Etats-Unis : la superficie viticole du pays a progressé de près de 37,2 % entre 1990 et 2000. En Californie, les surfaces ont bondi de 72 % entre 1992 et 2001.

Réduction des stocks

Les vins issus de ces vignobles une fois arrivés en production ont alors inondé le marché, provoquant une baisse des cours et le développement des vins à petits prix, ces "two buck chuck" (vin à deux dollars) en passe de devenir un véritable phénomène de société aux Etats-Unis. Si ces vins à prix cassés ont fait fondre les marges des wineries et portent quelque peu préjudice à l'image du vin, ils ont aussi contribué à réduire les stocks. Aujourd'hui, les professionnels se font plus optimistes : "il n'y a plus de surproduction de vin ici. Il y a des excès concernant des cépages, mais surproduction' est un mot que l'on n'entendra plus cette année" a ainsi récemment affirmé le courtier californien Joseph Ciatti.

Cette résorption des surplus est aussi liée à de bonnes ventes à l'export, en particulier en Grande-Bretagne. Selon une enquête de l'agence d'étude de marché canadienne AC Nielson, les vins américains sont arrivés en troisième position en 2003 sur le marché de la consommation à domicile britannique, derrière les vins australiens et les vins français. Si l'Australie reste en tête avec 20,4 % du volume et 23,7 % en valeur, suivie par la France avec 19,4 % en volume et 20 % en valeur, les ventes de vins américains ont bondi en 2003 de 23 % en volume et de 20 % en valeur. Ils ont ainsi ravi la troisième place sur ce marché (11,7 % en volume, 12,5 % en valeur), et ce au détriment des vins italiens.

Concurrence étrangère

Reste que sur leur marché intérieur, la situation des producteurs américains est loin d'être idyllique. La baisse des stocks ne sera pas en effet fatalement synonyme de remontée des prix car les consommateurs restent attachés à leur "two buck chuck" et surtout, parce que les vins américains sont concurrencés sur leur propre terrain par les vins étrangers. Alors que d'après le CFCE, les vins français ont subi aux Etats-Unis sur les 9 premiers mois de 2003 une baisse des ventes en volume et en valeur variant entre 10 et 40 % par rapport à 2002, les ventes de vins australiens outre-atlantique ont augmenté dans le même temps en volume de 52 %, les ventes de vins néo-zélandais de 37 % et celles des vins espagnols de 16 %.


Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé