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Chili
Les vins intensifient leur offensive à l'export

Par Ligérienne de Presse Le 03 février 2004
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Les vins intensifient leur offensive à l'export
A
vec la création en 2002 de Wines of Chile, un organisme de promotion de ses vins à l'export, le Chili a fourbi ses armes pour développer encore plus ses parts de marché aux Etats-Unis, en Asie et en Europe. Ce pays a mis en place un plan stratégique industriel et entend se construire une image internationale forte. Il concurrence déjà les vins français sur certains marchés européens.

Un volontarisme assorti de moyens conséquents. Le Chili, à l'instar de bien des pays du Nouveau Monde, ne manque pas d'ambitions et se donne les capacités d'atteindre ses objectifs. Le vin chilien, vendu dans 80 pays, concurrence aujoud'hui les vins français en Grande-Bretagne et en Allemagne. Ces dix dernières années, le Chili n'a, il est vrai, pas ménagé ses efforts et a largement transformé sa viticulture, faisant passer la superficie de ses vignobles de 54 000 ha en 1994 à 103 000 ha en 2001. Dans le même temps, ses exportations de vins ont grimpé de 30 millions de dollars par an à 600 millions. Entre 1995 et 2002, la production vinicole a augmenté de 81 %. En 2000, le Chili, devenu le 5e exportateur de vin au monde, représentait déjà 4,6 % de l'offre mondiale.

Une image rénovée et collective

Mais le pays ne s'est pas contenté de ces résultats exponentiels, qui laissaient poindre derrière eux une menace de surproduction. Face à cette crainte, les ventes devaient encore progresser. Une étude, réalisée en 2001 sur l'image du Chili sur les marchés extérieurs, montre alors que le pays n'a pas réussi à se construire une image internationale forte, notamment aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Les Britanniques par exemple ont à l'époque une mauvaise image des vins chiliens, considérés comme les "bas de gamme" de l'Amérique latine.

Suite aux résultats guère reluisants de l'étude, la filière vin au Chili élabore un plan stratégique industriel pour la période 2002/2006, qui prévoit notamment que les entreprises soient présentées à l'export sous une image rénovée et collective. A cette fin, un nouvel organisme de promotion, Wines of Chile, est créé à partir de deux associations de producteurs. La nouvelle organisation décide de promouvoir les vins haut de gamme et les associe à des notions comme l'amitié, la famille, l'émotion, le naturel ou encore la sensualité. Un vaste programme destiné à séduire avant tout l'Allemagne, les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni.

Concurrencer l'Australie

Les résultats ont suivi : le Chili a encore augmenté ses exportations en 2002, avec 3,49 millions d'hl pour 602 millions de dollars. Le numéro 1 chilien des vins haut de gamme Vina Concha Y Toro a vu son bénéfice net bondir de 46 % au premier trimestre 2003 par rapport à la même période de 2002, grâce notamment à une hausse de ses ventes en Europe et aux Etats-Unis (+ 20 %). Au troisième trimestre 2003, Concha Y Toro a affiché une hausse de 25 % de son chiffre d'affaires à l'exportation. "Bénéficiant d'un rapport qualité/prix particulièrement favorable et d'une agressivité commerciale certaine, les vins et mousseux chiliens se sont imposés auprès d'une large palette de pays consommateurs (Etats-Unis, Canada, Europe du Nord, Amérique du Sud et aujourd'hui Asie), en parvenant à diversifier sensiblement l'offre et le risque commercial", explique Pascal Coste, de la Direction des relations économiques extérieures (DREE) au Chili.

Le pays ne veut pas en rester là pour autant : le Chili voudrait concurrencer l'Australie, représenter 10 % du marché mondial et réaliser un chiffre d'affaires de plus de 800 millions de dollars sur les marchés extérieurs. Rien que cela ! Le vin chilien va-t-il nous envahir dans les années à venir ? Certains veulent se rassurer en affirmant que le Chili n'a pas de véritable politique de grands crus et qu'il ne sait pas encore faire vieillir ses vins. Mais avec la demande intérieure et les actions promotionnelles à l'étranger, la situation pourrait évoluer. Pascal Coste est en tout cas formel : "la production de vins chilienne de qualité ne pourra qu'augmenter au cours des prochaines années."  Et les investissements ne devraient pas être en reste.


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