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Un appel à débat lancé sur la consommation de vin dans le monde

Par Terre-net Le 26 décembre 2003
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Un appel à débat lancé sur la consommation de vin dans le monde
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L'idée selon laquelle la consommation de vin est en baisse constante est-elle une idée fausse ?" Plusieurs personnalités du monde du vin jettent un pavé dans la mare et posent la question. Évoquant une "inflexion de tendance depuis 1993", les signataires de cet appel à débat sur "les bons chiffres de la consommation de vins" entendent faire le point et contribuer à faire prévaloir une autre approche de la commercialisation des vins.

Et si la consommation de vin n'était pas en baisse inexorable ? Et s'il s'agissait simplement d'une idée reçue et largement répandue ne reflétant pas la totalité d'une réalité plus complexe ? Tel est le thème d'un intéressant appel à débat lancé par plusieurs personnalités du monde du vin. Xavier de Volontat, président des Vignerons indépendants de France, Jean Huillet, président de la Confédération française de Vins de pays, François Boschi, du Cellier des Dauphins, Lionel Lerch, de Jaillance, Bernard Gagnant, du cabinet conseil Sofra, spécialisé dans l'agro-alimentaire, ainsi que Jean-Christophe Causse, rédacteur en chef du quotidien "La Journée Viticole" sont les signataires de cet appel qui vient d'être lancé afin de faire le point sur "les bons chiffres de la consommation de vins".

"Les études souvent alarmistes sur le sujet serviraient-elles d'alibi au discours ambiant, voire d'argument dans les propositions de politiques économiques et viticoles ?, s'interrogent-ils dans leur communiqué. "Les chiffres officiels montrent qu'au cours des dix dernières années, la consommation de vins a cessé de baisser. Dans le monde, cette consommation est au moins stable depuis 1993, affirment les signataires. En France, si la consommation de l'ordre de 34 millions d'hectolitres par an diminue encore, la baisse s'est très fortement ralentie au cours de la dernière décennie." 

Comme toutes les statistiques, potentiellement manipulables, les chiffres de la consommation de vins sont souvent lourds d'enjeux et sont à manier avec prudence : ils diffèrent en effet selon les sources, les méthodes de calcul ou les panels de consommation. Une étude prospective parue juste avant l'ouverture de Vinexpo 2003 et réalisée par un institut britannique sur la conjoncture mondiale des vins à l'horizon 2006 faisait apparaître de larges perspectives de croissance, notamment en Europe du Nord et au Japon, alors que les chiffres actuels évoquent plutôt une baisse de la consommation par rapport aux niveaux des années 70 ou 80. Toutefois il semble bien que 1993 marque une rupture : à partir de cette date, les chiffres remontent quelque peu. Un phénomène que les signataires de l'appel à débat souhaiteraient expliquer et même exploiter : quels enseignements peut-on en tirer afin qu'une telle évolution se renouvelle et s'amplifie à l'avenir ? Pour les signataires de l'appel à débat, la réponse à cette question comme celles apportées à toutes les autres "pourraient aider à faire prévaloir une nouvelle approche, plus optimiste et volontariste, de la commercialisation des vins."

Le débat est aujourd'hui lancé. "Nous avons envoyé notre appel à des organes de presse spécialisés dans l'univers du vin et des organismes professionnels, indique Bernard Gagnant, directeur associé du cabinet Sofra. Le but est d'essayer d'y voir plus clair sur l'interprétation des données : quels sens ont ces chiffres, quelles réalités recouvrent-ils, y-a-t-il confusion de panels, cette inflexion de tendance à partir de 1993 est-elle momentanée ou va-t-elle durer etc." Autant d'interrogations que ce débat se propose de clarifier lors d'une rencontre au salon Vinisud de Montpellier le 17 février. "Il est essentiel de se préoccuper de la consommation de vin, car celle-ci constitue la finalité de notre travail, note Xavier de Volontat, président des Vignerons indépendants. Tant que la consommation de vins en France était stable ou en légère baisse, et qu'elle était compensée par des résultats importants à l'exportation, on ne se préoccupait pas trop de la situation. Or aujourd'hui nos parts de marché sont en baisse. Il faut s'inquiéter de cette évolution. Nous avons de grandes idées mais pas de certitudes. Ce débat peut nous apporter plus de finesse d'analyse afin de savoir quoi décider et dans quelles directions aller."

Un débat en plusieurs étapes

Dans un premier temps, des spécialistes sont invités à répondre à la question "les chiffres officiels de la consommation de vins sont-ils fiables ?" Les réponses sont à formuler par écrit et à renvoyer à la "Journée viticole" avant le 5 janvier. Ces mêmes réponses seront débattues entre les spécialistes ayant répondu, les signataires de l'appel et des "sages ", spécialistes des chiffres, afin de dégager une "base de consensus" pour la suite de la discussion. Le "cœur du débat" selon les organisateurs sera ensuite nourri par les réponses apportées à deux autres questions : "A quoi ont été dues les évolutions constatées depuis 20 ans dans le monde et en France ? Quels enseignements en tirer pour le présent et le futur ?". Les réponses écrites seront exposées publiquement le 17 février à l'occasion du salon Vinisud à Montpellier, où un débat contradictoire sera organisé sur le sujet. A l'issue de la rencontre, le groupe de travail dégagera le consensus apparu lors du débat et les points restant à éclaircir. La dernière étape du débat aura lieu en mars lorsque le groupe de travail "tranchera sur les points non consensuels, en exprimant son 'intime conviction', en matière de validation de telle ou telle thèse". Les conclusions du débat seront alors diffusées.


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