Accueil / / Bientôt un vin de pays des vallées de France ?

Anivit
Bientôt un vin de pays des vallées de France ?

Par Terre-net Le 26 novembre 2003
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Bientôt un vin de pays des vallées de France ?
U
n nouveau vin de pays qui serait dénommé "Vin de pays des vallées de France" est à l'étude à l'Anivit. Les discussions sont encore en cours au sein de l'interprofession mais le projet rencontre déjà l'hostilité de la FNSEA et de la Fédération des grands vins de Bordeaux. Face à cette question qui divise la filière, Jacques Berthomeau, auteur du rapport "Cap 2010" estime pour sa part qu'il s'agit "d'un compromis qui pourrait faire avancer les choses".

Va-t-on voir prochainement la naissance d'un vin de pays d'un nouveau genre ? Les producteurs et les metteurs en marché membres de l'Anivit ont en tout cas décidé d'étudier la création d' "un vin de pays vallées de France".  Un vin qui serait issu de cépages de différentes régions. Pour l'association interprofessionnelle des vins de table et des vins de pays, il s'agit de créer une "image France en donnant à chacun les moyens de lutter à armes égales contre nos concurrents étrangers, en particulier à l'exportation".


Ce nouveau vin, défini conformément à la réglementation française des vins de pays, "ne se veut pas un vin déversoir des autres productions, mais un produit qualitatif, à base de vins eux-mêmes agréés en cépage, indique Jean-Laurent Maillard, directeur de l'Anivit. Les grandes maisons de négoce exportatrices sont souvent gênées par le fait que les volumes disponibles soient émiettés entre toutes les appellations et les vins de pays. Le nouveau vin en projet, issu d'assemblages, fournirait lui de gros volumes disponibles. Il serait doté d'une stratégie de marque et aurait comme identifiant la France et les cépages."


Le projet de l'Anivit fait cependant des vagues. La fédération des grands vins de Bordeaux a fait part de son opposition à la création d'un vin de cépages, tout comme la FNSEA, qui a déclaré récemment qu'elle ne pouvait cautionner cette nouvelle catégorie de vins. Pour la FNSEA, "les viticulteurs ne peuvent accepter d'entrer dans une logique de vins industriels qui les conduirait à n'être plus que de simples apporteurs de raisins." Le syndicat agricole s'interroge sur l'intérêt pour les vignerons de "produire des vins qui seront noyés dans la masse de ceux produits en grande quantité aux quatre coins du monde".

Jacques Berthomeau, inquiet pour les blocages


Du côté de l'Anivit, on indique que le fait de "permettre d'assembler des vins de pays n'est en aucune façon imposé aux syndicats de producteurs, qui auront toute latitude pour participer ou non à vallées de France". Jean-Laurent Maillard insiste aussi sur le fait que le projet n'en est encore qu'au stade des débats : "ce vin des vallées de France, ou Val de France, mérite encore des discussions au sein de la filière, note-t-il. Les remarques de la FNSEA sont d'ailleurs examinées. La FNSEA parle de 'logique industrielle', or nos débats tournent autour de la contractualisation avec les fournisseurs pour des approvisionnements suivis en quantité et en qualité et pour une équité du partage de la valeur ajoutée issue de la vente de ce produit. Nous n'allons pas faire n'importe quoi. Les professionnels ne veulent pas d'un vin de bas prix mais un produit qualitatif."

On se souvient que l'an passé, Jacques Berthomeau, dans son rapport baptisé "Cap 2010, le défi des vins français", avait préconisé la création d'une nouvelle catégorie de vin, appelée "Cépages des pays de France", qui regrouperait des vins constitués de vins de différentes régions françaises. Une nouvelle classification vue comme un espace de compétitivité pour des vins valorisés par des marques, à l'instar de ceux du Nouveau Monde. Cette proposition, ayant pour but de faire gagner des parts de marchés à l'export, avait alors reçu un accueil favorable auprès de plusieurs acteurs, notamment les professionnels bourguignons.


Pour Jacques Berthomeau, le projet de l'Anivit "reprend une partie des credo du rapport Cap 2010" et "propose une forme d'organisation". Toutefois, "la logique du rapport était d'aller un peu plus loin. Notre idée était, à côté des vins à identification terroir comme les AOC et les VQPRD, de créer une nouvelle catégorie avec pour seule territorialité la France. Là nous avons 'France' et aussi 'Vallées'. C'est un compromis qui permettrait peut-être de faire avancer les choses, si en plus il prévoit une contractualisation." Jacques Berthomeau ne cache cependant pas son scepticisme : "Ce projet va-t-il recevoir l'agrément de tous ? Que vont décider les pouvoirs publics ? La profession campe sur ses positions. Il existe des bastilles, des jeux de pouvoirs. La situation me paraît bloquée. En l'état actuel des choses, je ne vois pas au nom de quoi ce projet pourrait se concrétiser. Et puis, si l'on veut faire des produits marquetés, il faut beaucoup de moyens."


Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé