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La traçabilité est-elle devenue un passage obligé ?

Par Ligérienne de Presse Le 21 novembre 2003
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La traçabilité est-elle devenue un passage obligé ?
A
l'instar d'autres produits agroalimentaires, le vin est entré dans l'ère de la traçabilité et des démarches qualité. Devant les exigences de la réglementation européenne et de la grande distribution, de plus en plus de producteurs ont mis en oeuvre des processus visant à garantir à leurs clients une parfaite traçabilité de leurs vins.

Traçabilité, normes Iso 9001 version 2000 ou méthode HACCP, démarches qualité... Aujourd'hui, avec les risques d'ESB, de listéria, de dioxine, ou le débat sur les OGM, la quête d'une parfaite sécurité alimentaire figure parmi les préoccupations de tous les professionnels de l'agro-alimentaire. Et les acteurs de la filière viticole n'y font pas exception. Une évolution somme toute logique puisqu'aujourd'hui la traçabilité est exigée par la réglementation européenne. Le règlement n° 178/2002 du 28 janvier 2002 relatif à la sécurité des denrées alimentaires rend en effet obligatoire la mise en place de procédures d'auto-contrôle, de traçabilité et de gestion de crise. Dans son article 18, entrant en vigueur le 1er janvier 2005, ce règlement stipule que "la traçabilité des denrées alimentaires est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution."
Tous les aliments doivent donc être “traçables?, de façon à ce que l'origine et tous les mouvements de chaque produit alimentaire soient connus. La traçabilité a pour but d'assurer le suivi d'un produit tout au long d'une chaîne de production, du fournisseur de matière première jusqu'au consommateur. Elle doit aussi garantir une information fiable aux acheteurs et permettre une intervention rapide en cas de problème sur les produits susceptibles de présenter un risque.
Avant même que cette traçabilité ne devienne impérative au niveau européen, les professionnels de la filière vin ont pris conscience de l'importance d'améliorer plus encore la qualité de leurs crus et d'assurer leur traçabilité, face à la baisse de la consommation de vin en France et la concurrence du Nouveau Monde. Car la traçabilité constitue souvent un sésame pour de nouveaux marchés, surtout à l'étranger, et peut parfois être un argument de vente auprès du consommateur, même si le vin présente a priori moins de risques sanitaires que de la charcuterie ou des plats cuisinés. Producteurs et coopératives se sont ainsi lancés dans des démarches de qualité pour garantir à leurs clients une parfaite traçabilité de leurs vins.
Bien des coopératives ont entrepris un processus qualité à la demande de la grande distribution. Les enseignes d'hypers et de supermarchés exigent en effet de leurs fournisseurs une traçabilité parfaite, permettant de limiter au maximum les risques sanitaires et de proposer à la vente un produit fiable. De plus en plus de coopératives sont désormais parties à la conquête des normes Iso 9002 ou Iso 9001, version 2000 (management de la qualité, analyse par processus, satisfaction du client), voire de la méthode HACCP (système des points de contrôle critique pour l'analyse des risques). La norme ISO 9001 implique par exemple l'enregistrement de tous les traitements et travaux dans les vignes, l'identification des moûts de chaque producteur et des produits œnologiques, le relevé de tous les intrants et des mouvements etc. Les bouteilles, capsules et bouchons n'échappent pas non plus à l'enregistrement, clé de voûte de la traçabilité. Les bouteilles sortant d'une coopérative en traçabilité totale sont porteuses d'un numéro de lot, comme toute bouteille aujourd'hui. Mais en l'occurence, lorsque ce numéro de lot est lié à toute une démarche de traçabilité, il permet de retrouver très rapidement en cas de problème la date de mise en bouteille, de dégorgement, d'étiquetage, sans oublier l'origine du vin et du sucre.

Entreprendre une démarche de traçabilité ne s'improvise pas. Une telle mise à plat de pratiques et de processus nécessite du temps, un véritable budget et l'adhésion du personnel, qu'il s'agit également de former à un nouveau cahier des charges. Mais le jeu en vaut la chandelle. En interne, les dysfonctionnements et les risques étant mieux détectés, la qualité du vin et l'efficacité de la production sont améliorées. En externe, traçabilité et normes de qualité sont un atout essentiel pour rester ou entrer en grande distribution, et espérer gagner de nouveaux marchés à l'étranger, qu'ils soient européens ou plus lointains. Pour exporter aux Etats-Unis par exemple, la traçabilité est désormais impérative avec l'entrée en vigueur de la loi sur le bioterrorisme. La démarche qualité n'est donc plus un luxe aujourd'hui, c'est un passage obligé...


 


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